 09-02-2010

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| ECONOMIE
Entreprises franches |
Risque de 100 000 nouveaux chômeurs |
La suite de l'AGOA à Madagascar est assujettie à des questions politiques. La visite du ministre de l’Industrie à New York n'a pas convaincu. |
L’enjeu est de taille. Madagascar risque de ne plus bénéficier des avantages de l’Africa growth opportunity act (AGOA). Suite à la non-reconnaissance du régime de transition par la communauté internationale, la Grande île ne pourra pas participer à la rencontre annuelle consacrée à ce sujet entre les ministères américains et les pays de l’Afrique subsaharienne bénéficiaires de cette loi.
La réunion se tiendra au Kenya du 4 au 6 août. L’absence du pays à ce rendez-vous pourrait entraîner automatiquement la perte des avantages dont la suppression du droit de douane pour les produits comme le textile entrant sur le marché américain. Les 30 exportateurs malgaches vers les États-Unis, représentant 100 000 emplois, risquent de plier bagage.
Problèmes politiques
« Si le pays n’a plus accès aux avantages de l'AGOA, nous n'aurons plus aucun intérêt à rester à Madagascar », indique un gérant d'entreprise franche à Tanjombato. « Nous n'aurons plus accès à des matières premières à coût abordable. Or, l'énergie est coûteuse ici, et par rapport à l'Asie, le coût de la main-d'œuvre est élevé », précise-t-il.
L’Agoa était au cœur des préoccupations du ministre de l’Économie et de l’industrie Richard Fienena, lors de son passage à New York la semaine dernière. Au cours d’une rencontre avec la presse hier, il a affirmé avoir eu des contacts avec des hauts responsables qui travaillent sur le dossier. Une démarche qui fait suite également à des initiatives du secteur privé qui a déjà interpellé les autorités américaines sur cette menace. « Il est apparu que les problèmes ne sont pas du tout techniques mais politiques. Leur résolution ne peut donc être que politique et dépendra de notre volonté », constate le ministre. « Mais le plus important était d’avoir pu rencontrer et connaître des gens, ce qui pourra faciliter les négociations futures », poursuit-il.
L’échéance du mois d’août est vitale pour les entreprises textiles. C’est la date limite pour recevoir les commandes des clients dont le délai de livraison devra s’étaler sur six mois. Logiquement, les premières commandes devant être livrées au mois de janvier auraient déjà dû être enregistrées au mois de juin. Mais à cause de cette incertitude, les clients ont préféré jouer la prudence. Une situation qui a déjà contraint une dizaine d’entreprises à fermer leurs portes à l’heure actuelle.
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Mahefa Rakotomalala
Date : 08-07-2009 |
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