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Edition n° 4678 du 31-07-2010
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31-07-2010
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EXPRESSION

Plébiscite constitutionnel
Et encore une fois, les débats autour de l’élaboration de la Constitution virent aux polémiques autour d’une personne.

 
Une fois de plus, les changements qui seront apportés à la loi fondamentale sont discutés de manière à permettre à une personne en particulier de renforcer son autorité, et d’accéder ou de se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir.
Madagascar a connu beaucoup de rencontres et débats sur la Constitution, mais c’est sans doute la première fois que l’âge d’un candidat à l’élection présidentielle fait l’objet d’autant de passion et se trouve au cœur de toutes les polémiques. Et c’est plus parce qu’un candidat potentiel ne répond pas aux critères traditionnels posés par les anciennes lois fondamentales, que parce que les Malgaches ont soudainement découvert que la maturité présidentielle s’acquiert bien avant les 40 ans requis jusqu’ici.
Si le critère de l’âge venait à être modifié, les suspicions d’une prochaine constitution taillée sur mesure pour une personne n’en seront que renforcées. Le prochain
référendum constitutionnel deviendra de fait un plébiscite. Les Malgaches ne répondront certes pas directement oui ou non à la question de savoir si Andry Rajoelina, âgé de 35 ans, peut devenir président de la République, mais ce sera tout comme.
Lors des conférences régionales, certaines régions ont proposé dans leurs résolutions que « la majorité présidentielle » soit abaissée à 35 ans. Et pourquoi pas à 23 ans, comme c’est le cas en France. Ou alors, les conférenciers voulaient-ils faire comme aux Etats-Unis où l’âge minimum d’un candidat à l’élection présidentielle doit être de 35 ans ?
Dans d’autres régions, le critère de l’âge a été tout simplement exclu des propositions. Mais il en est certaines qui ont clairement spécifié que l’âge minimum d’un candidat à l’élection présidentielle soit maintenu à 40 ans. Comment dès lors ne pas croire que cette disposition n’ait pas été adoptée dans un souci autre que celui de barrer la route au « djeune » ex-DJ.
La valeur n’attend certes pas le nombre d’années. Beaucoup de trentenaires sont de loin plus mûrs que certains sexagénaires dont l’âge mental est à peu près le même que celui d’un gamin de dix ans. Mais il a fallu que le pays traverse une autre crise politique pour que les Malgaches s’en rendent compte, et se décident à rectifier leur tir.
Et tant qu’à faire, pourquoi l’âge maximal n’a-t-il pas été abordé ? Peut-être parce que Didier Ratsiraka ou Albert Zafy n’ont pas encore manifesté des velléités de revenir au pouvoir et n’ont pas encore acquis le statut d’hommes politiques à battre. Si tel était le cas, il est presque certain que les participants aux conférences régionales n’auraient pas hésité à interdire aux « papys » septuagénaires et octogénaires de briguer le fauteuil présidentiel. Cela se fait aussi dans beaucoup de pays.
 
Lova Rabary-Rakotondravony
Date : 06-07-2009
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