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Edition n° 4535 du 09-02-2010
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Onction populaire
Pour défendre la légitimité des conférences régionales et des résolutions qui vont en sortir, ...
... le Premier ministre de la transition, Monja Roindefo pose la question de la popularité de ceux qui boycottent les rendez-vous.
 
Et il a tout à fait raison. Comment peut-on dire que l’avis de ces opposants compte s’ils n’ont personne, ou s’ils n’ont que quelques personnes, derrière eux. Mais comment savoir que Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka ou Albert Zafy disposent encore de suffisamment de partisans pour peser ?
« Seules des élections peuvent déterminer la popularité et la légitimité d’un homme politique », avait récemment déclaré Andry Rajoelina lors de l’un de ses déplacements en province. Il ne croit pas si bien dire. Les élections, pourvu qu’elles soient libres et démocratiques, sont le seul moyen de savoir combien de personnes roulent pour untel, combien sont derrière tel autre. Car Marc Ravalomanana et son parti avaient beau avoir réussi à passer le cap des élections nationales, régionales et locales sans problème en 2006 et en 2007, les majorités dont ils étaient si fiers n’avaient pas réussi à endiguer le flot de contestation qui s’était élevé et qui avait fini par les emporter.
Ce n’est pas pour autant que les tombeurs de l’ancien président peuvent se targuer de disposer de l’onction populaire. La Haute autorité de transition peut certes s’enorgueillir de réunir en son sein les cinq principaux rivaux de Marc Ravalomanana lors du scrutin de décembre 2006. Elle peut même se vanter d’avoir réussi à rassembler des foules monstres, non seulement lors des manifestations de contestation lorsqu’elle était encore dans l’opposition, mais aussi lors des déplacements de son président en province. Elle peut même brandir les images des rares manifestants du Magro pour scander que « leur dada » perd de plus en plus ses fils. N’est-elle pas déjà allée jusqu’à accuser l’ancien chef d’État de fomenter un coup d’État pour la renverser ?
Sauf que les remarques du chef de la transition et du Premier ministre sont tout aussi valables pour le régime actuel de transition. Comment peut-on dire que l’avis de ceux qui vont participer aux conférences régionales compte s’ils n’ont personne derrière eux ? Et ils peuvent toujours dire que les rendez-vous sont organisés par la société
civile … peut-être. Mais d’où et de qui la société civile tire-t-elle sa légitimité ? Celle-ci peut toujours faire valoir son « apolitisme » et sa bonne volonté, mais il lui faudra en faire davantage pour réunir une majorité.
 
Lova Rabary-Rakotondravony
Date : 30-06-2009
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