 09-02-2010

Humeur | Expression | | Idées et débats | |

| POLITIQUE
Crise |
La SADC écarte l’option militaire |
L’Afrique australe appelle les acteurs de la crise à s’abstenir de recourir à des solutions violentes. La SADC envisage de réunir autour d’une table les quatre chefs de mouvance. C’est la décision prise, samedi à Johannesburg. |
Le temps des discussions entre les délégués de Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT) et ceux des anciens présidents Zafy, Ratsiraka et Ravalomanana est révolu. Les facilitateurs internationaux privilégient désormais une rencontre directe entre les quatre chefs d’État eux-mêmes, les trois anciens et le nouveau, pour discuter de la charte de la transition.
Dramé Tiébilé, émissaire des Nations unies, a délivré l’information, rapportée par l’Agence France presse (AFP), dimanche en Afrique du Sud. Il se trouve au pays aux Arcs-en-ciel qui a abrité le Sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), samedi à Sandton.
Dramé Tiébilé affirme que «il y a déjà un accord sur le principe» de la part des protagonistes. Mais pour l’instant, aucun calendrier n’est encore fixé pour le rendez-vous. En tout cas, celui-ci devrait se dérouler hors de Madagascar.
Le projet de rencontre entre les chefs de file des quatre mouvances était dans l’air depuis un certain temps. La réunion ne devrait intervenir qu’après le débroussaillage du terrain par leurs représentants. Mais le blocage des discussions autour de l’amnistie a conduit les facilitateurs à suspendre le débat, sans issue, il y a cinq jours. D’où l’initiative de sauter à l’étape suivante afin d’accélérer le processus.
Désormais, tous les points de blocage devront être discutés directement par Rajoelina, Zafy, Ratsiraka et Ravalomanana. Ce devrait être le cas du sort réservé à l’ancien président Ravalomanana au sein de la Transition, la clé de répartition des sièges au sein des institutions de la Transition ou encore la question relative à l’amnistie.
Exercice difficile
Il reste maintenant à savoir si la nouvelle stratégie des émissaires des organisations internationales portera ou non ses fruits. L’exercice reste difficile, dans la mesure où jusqu’ici, la main des principaux protagonistes avait toujours été derrière chaque prise de position de chaque mouvance. Cela malgré leur absence physique aux discussions à l’Hôtel Carlton.
La réaction de Monja Roindefo, Premier ministre de la Transition, résume bien le parcours qu’il reste à réaliser. Il affirme que le régime transitoire «n’est pas contre le dialogue». Et d'observer : «Mais on force l’autre partie à accepter des choses inacceptables». Monja Roindefo insiste sur le «nouvel ordre constitutionnel» pour le compte de la HAT. Il refuse «tout retour en arrière», faisant allusion à un refus de tout compromis sur le retour de l’ancien président Ravalomanana.
Pour sa part, la mouvance Ravalomanana tente de positiver l’initiative pour mieux noyer le poisson après l’abandon de l’option militaire souhaitée par l’ancien chef de l’État. «Il ne faut pas oublier que plusieurs points sont déjà acquis avant ce rendez-vous», a soutenu Raharinaivo Andrianantoandro, membre du bureau politique et porte-parole du Tiako i Madagascar (TIM), avant de confirmer la volonté de son équipe de poursuivre les discussions.
Encadré
La SADC appuie le dialogue
Le Sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui s’est tenu en Afrique du Sud samedi, formalise sa volonté de soutenir le processus de dialogue pour arriver à une charte de Transition consensuelle. Le communiqué final de la réunion a " appelé toutes les parties à s'engager à une résolution négociée pacifique et à s'abstenir de recourir à des solutions violentes (...) qui pourraient saper les efforts en cours pour ramener l'ordre constitutionnel ". La résolution du groupement régional met fin à l’option militaire, un moment souhaité par l’ancien président Ravalomanana.
Pour ce faire, la SADC nomme l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano, pour devenir le médiateur du groupe régional, en lieu et en place d’Absalom Dlamini, ancien Premier ministre swazi.
|
Iloniaina Alain
Date : 22-06-2009 |
|
|
|
Statistique |
Vous êtes le 22244ème visiteur du jour.
Il y a en ce moment 781 visiteurs en ligne.
|
|
|