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Edition n° 4678 du 31-07-2010
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Claudine Ramiandrazafy
«Madagascar manque de sages-femmes »
Cette sage-femme cadre revèle le nombre insuffisant de ses pairs, ainsi que la grande utilité du métier.
 
• Pourquoi la Journée mondiale des sages-femmes n’a-t-elle pas été célébrée le 5 mai ?
La conjoncture actuelle ne l’a pas permis. Mais l’une des principales causes est l’absence des responsables au sein de l’Ordre. Ils ont été invités à une conférence internationale. La célébration proprement dite sera reportée au 10 juillet. Comme beaucoup d’autres pays, nous tenons à cet événement pour montrer que Madagascar reconnaît que « le monde a aujourd’hui plus que jamais besoin de sages-femmes ». C’est d’ailleurs le thème retenu dans le cadre de la réalisation de l’Objectif du millénaire pour le développement, en 2015.

• Quelle est la situation actuelle des sages-femmes en service dans tout Madagascar ?
Il est utile de souligner que notre pays est loin de satisfaire au ratio mondial d’une sage-femme pour 7 000 habitants. Chez nous, une sage-femme s’occupe en moyenne de 10 000 personnes, avec les 3 000 sages-femmes pour 19 millions de Malgaches. Le manque se ressent surtout dans les zones enclavées. L’insuffisance est généralisée dans toutes les régions. En outre, une forte concentration de sages-femmes est observée dans les grandes villes. Le rôle de cette assistante médicale se révèle pourtant cruciale. Elle aide, par exemple, les familles à planifier les naissances, en accompagnant les femmes de la conception jusqu’à la post-parturition.

• Avez-vous déjà plaidé pour l’augmentation du personnel auprès du ministère de la Santé et du planning familial ?
Nous en avons fait part à maintes reprises aux dirigeants. Nous louons les efforts déployés par le ministère qui a augmenté depuis l’année dernière le nombre de postes budgétaires alloués aux sages-femmes. Mais beaucoup reste à faire en tenant compte du fait que le ministère mise sur les soins de qualité. Les responsables doivent, entre autres, penser à améliorer le système de motivation qui reste un obstacle à la bonne évolution du métier. Le fort déséquilibre dans la répartition du personnel peut être résorbé.

• La sortie annuelle d’une promotion à l’école des sages-femmes arrive-t-elle à combler le manque ?
Certes, 200 à 300 sages-femmes sont opérationnelles tous les ans. Faute de postes budgétaires, nombre d’entre elles se trouvent sans emploi malgré elles. L’absence d’embauche se traduit dans ce cas en une grosse perte pour l’Etat, dans la mesure où l’argent alloué à leurs formations apparaît comme un fonds perdu.

Propos recueillis par
 
Noro Haingo Rakotoseheno
Date : 13-05-2009
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