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Edition n° 4678 du 31-07-2010
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31-07-2010
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ECONOMIE

Andranomanelatra-Antsirabe
La Kobama ferme ses portes
La Kobama d’Andranomanelatra a fermé ses portes depuis le 26 février. Six cents emplois et des milliers de paysans du Vakinankaratra se retrouvent sur la paille dans un contexte de crise politique.
 
Mort d'un géant de l'industrie. Trente ans après sa création, Koba Malagasy SA, connue sous le nom de Kobama, a fermé ses portes. Six cents employés et des milliers de paysans producteurs de blé autour d’Antsirabe vont grossir le rang des chômeurs.
Les deux turbines en excellent état, capables d’écraser 312 t de blé par jour seront réduites au silence à Andranomanelatra, faute de silo portuaire par lequel le blé importé doit transiter pour les deux minoteries.
Ce fleuron de l’industrie nationale, unique fournisseur de farine en son temps est une société de droit malgache, détenue majoritairement depuis 1996 par Edgar Razafindravahy, PDG du Groupe Prey.
« La gestion du silo au port de Toamasina, en état de dysfonctionnement avancé, nous a été confiée en 1997. Réhabilitée, elle a une capacité de stockage de 25 000 tonnes en graines », explique Edgar Razafindravahy. En 2002, le silo sur la route Digue, fut converti en usine de boulangerie et pâtisserie industrielle qui alimente les Points chauds de Mouf’rey, appartenant au même groupe.
« En 2005, la Kobama après avoir subi de plein fouet les effets négatifs de six mois de crise en 2002, fut la cible de l’administration fiscale. Elle devait payer plusieurs milliards d’ariary au fisc. Une somme difficilement payée sans l’aide de prêts bancaires », confie Laurent Rajaonarivelo, le directeur général du groupe.
Harcèlement
De mal en pis, quelques mois après, la Kobama se trouve encore menacée de rupture de contrat portuaire avec l'administration du port de Toamasina, avec comme prétexte l’insalubrité des silos. Une sorte de harcèlement. « Mais ces accusations n’ont pas été validées par les services sanitaires. L’Etat n’a pas pu résilier le contrat de cette manière », raconte le PDG du groupe Prey avec amertume.
Quelques mois plus tard, l’administration portuaire de Toamasina revient à la charge en annonçant une réorganisation de l’espace portuaire et invitant tous les concessionnaires à signer de nouveaux contrats avec la SPAT (Société du port à gestion autonome de Toamasina). Celle-ci fait comprendre qu’elle entend reprendre unilatéralement les silos bien avant l’expiration du contrat. C’est pourquoi, la Kobama a signé un contrat de partenariat avec le géant agro-alimentaire américain, Seaboard Corporation par le biais de sa filiale locale, Les Moulins de Madagascar.
« Seulement, la bande transporteuse, nécessaire au déchargement du blé à partir des navires, dans les silos, fut coupée par la SPAT, avec comme explication la réhabilitation et la modernisation du port afin qu’elle puisse décharger les graines à une vitesse supérieure de 300 t par heure. La bande transporteuse n’a été plus rétablie au silo de la Kobama. Elle dessert uniquement la nouvelle minoterie de la société Mana, filiale de Tiko », affirme Laurent Rajaonarivelo.
« Ainsi l'usine ne peut plus recevoir de blé ou d’autres graines. Quant à Mana, elle est équipée pour recevoir uniquement pour ses propres besoins », ajoute-t-il. La Kobama de Toamasina ferme en novembre tout en maintenant provisoirement une partie de ses employés.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En anticipation à la construction de l’abattoir Tiko sur la route Digue, Kobama est menacée de reprise de ses installations sur cette route. Sans base juridique valable, l’Etat cède et se tourne vers les terrains avoisinants. Découragés par les harcèlements des services fiscaux, Seabord résilie son contrat avec la SPAT. Et sans silo, les minoteries de la Kobama sont dépourvues de blé.
Six cents emplois, des milliers de paysans sans ressources additionnelles et des machines parfaitement fonctionnelles qui ne produisent plus des centaines de millions de chiffre d'affaires par jour…

Encadré
Trente ans de Kobama

Créée en 1979, la Kobama ou Koba Malagasy SA est une des sociétés d’Etat de l'époque qui dispose de deux minoteries, au port de Toamasina et à Andranomanelatra-Antsirabe. Elle pouvait produire
5 616 t de farine par mois. Depuis 1996, dans le cadre de la privatisation, sa gestion est confiée à l’homme d’affaires malgache, Edgar Razafindravahy, PDG du Groupe Prey. Après les travaux de réhabilitation, la Kobama a pu étendre sa capacité de stockage à 25 000 t de blé ou de graines.
Elle étend ses activités dans la boulangerie et la pâtisserie industrielle en 2002 au silo sur la route Digue. Elle investit dans les meilleures marques d’équipement en minoterie. Ainsi, 21 fours industriels de marque Pavailler alimentent les Points chauds du Groupe Prey. De nouveaux emplois sont créés.
En 2007, la Kobama n’est plus le seul minotier, principal fournisseur en farine de la Grande île. Mana, du groupe Tiko s’installe au port de Toamasina.
2009, la Kobama est obligée de fermer ses portes.
 
Barphil Andriatsiferanarivo
Date : 05-03-2009
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