 31-07-2010

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| POLITIQUE
Andry Rajoelina |
« Je prends le pouvoir » |
Andry Rajoelina annonce son intention de prendre le pouvoir. Le Président martèle son droit constitutionnel de diriger le pays. |
La crise politique qui secoue le pays persiste et monte même en intensité. Andry Rajoelina, maire d’Antananarivo, s’érige en nouveau chef de l’Exécutif. Le président Ravalomanana ne se laisse pourtant pas faire et réaffirme sa position à la tête de l’état.
« Jusqu’à la mise en place d’un gouvernement de transition, c’est moi qui donne l’ordre pour la gestion des affaires nationales et pour tous les ministères », a déclaré Andry Rajoelina sur la Place du 13 Mai samedi.
Sous les hourras de la foule, d’une dizaine de
milliers de personnes, Andry Rajoelina décrète les mesures qu’il compte appliquer. « La population demande que Monsieur Ravalomanana parte », a-t-il soutenu avant de lancer un appel « aux forces armées car c’est
moi qui donne désormais les ordres ».
Serment renouvelé
Le mince espoir de discussions entre les deux principaux protagonistes a volé en éclat en l’espace de quelques heures. « J’ai attendu hier, hier soir, ce matin avant de venir ici. Je n’ai eu aucune réponse », a expliqué le maire d’Antananarivo. En effet, la rencontre entre Andry Rajoelina et le président Ravalomanana aurait dû avoir lieu vers 11h, samedi. Mais le chef de l’état s’est encore trouvé en tournée dans le nord du pays à ce moment.
Pendant le week-end, Andry Rajoelina a multiplié les contacts afin de mettre à exécution sa promesse. Il a, entre autres, reçu chez lui, à Ambatobe, des officiers généraux et des officiers, ainsi que d’autres personnalités politiques.
Devant l’offensive de Andry Rajoelina, le président Ravalomanana n’a pas tardé à réagir. Il a tout de suite réuni les ministres à Iavoloha, juste après son voyage dans le nord de l’île samedi. « Je reste le président », a-t-il soutenu tout en enjoignant au ministre de la Justice de prendre ses responsabilités.
Le chef de l’état a ensuite adressé un message solennel à la Nation. Il a réaffirmé que « le gouvernement que je dirige existe et continue de travailler ». Il a même renouvelé le serment prononcé lors de son investiture en 2007 « à la suite d’une élection libre et légale », selon ses termes.
Le président Ravalomanana a quand même observé que « le pays est calme ». Il assure seulement vouloir réorganiser le ravitaillement, auparavant perturbé, en produits de première nécessité.
Malgré le « calme » annoncé, le chef de l’état semble vouloir adopter une attitude prudente. Pour la première fois, il ne va pas assister au Sommet de l’Union africaine qui se déroule à Addis-Abeba, en éthiopie, et a dépêché le premier ministre Charles Rabemananjara à sa place. Il a quand même promis que « nous allons accueillir le Sommet de l’Union africaine. »
Le bras de fer entre le président Ravalomanana et Andry Rajoelina va se poursuivre ce jour. Andry Rajoelina demande la fermeture de tous les ministères lundi et donne rendez-vous à ses partisans sur la Place du 13 Mai. Par contre, le président affirme que les fonctionnaires travailleront normalement.
L'Ua brandit la condamnation
L’Union africaine (UA) ne reste pas insensible à
la situation à Madagascar. Jean Ping, président de Commission, a précisé la position de l’organisation panafricaine, contre toute prise de pouvoir d’une manière illégale.
« Tout changement anticonstitutionnel à Madagascar sera condamné », a déclaré Jean Ping samedi en répondant aux questions des journalistes. Le président de commission a soutenu qu’il faut « respecter la Constitution. Nous savons que la situation est compliquée et difficile sur le terrain, mais on ne peut pas ne pas s'en tenir à un minimum de règles constitutionnelles », a-t-il martelé.
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Iloniaina Alain
Date : 02-02-2009 |
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