 09-02-2010

Humeur | Expression | | Idées et débats | |

| ECONOMIE
Pierre Van Den Bogaerde |
« L’achat de Force One doit respecter la procédure » |
Le Fonds monétaire international n’a aucune opinion sur l’opportunité ou non de l’achat de l’avion présidentiel. Son seul souci est de savoir si l’achat a suivi la procédure prévue par la loi. |
• Le Fonds monétaire international (FMI) réclame des explications sur l'achat du nouvel avion présidentiel, qu'en est-il exactement ?
- D'abord, je dois préciser que le FMI n'a aucune opinion sur l'opportunité ou non de l'achat de cet avion. Pour nous, c'est un investissement comme un autre, effectué par l'État malgache, au même titre que l'extension du port de Toamasina, par exemple. Notre souci est de savoir si un tel achat, vu son importance, a suivi la procédure prévue par la loi malgache qui est bien faite. Nous avons donc demandé des explications au gouvernement, pour savoir si le texte budgétaire a été respecté à la lettre, ainsi que les dispositifs prévus par le code des marchés publics. La demande du FMI entre dans le cadre d'un grand chantier que cette institution, avec l'ensemble des autres partenaires, entame. Il s'agit de l'amélioration de toute la chaîne d'engagement de dépenses.
• Et si par exemple, le code des marchés publics n'a pas été respecté ?
- Nous allons demander à ce qu'il soit respecté. Le code des marchés publics prévoit plusieurs cas d'exception. Si la procédure n'a pas été suivie, il faudra donc que le gouvernement justifie le fait que l'achat de l'avion entre effectivement dans la catégorie des exceptions.
• Ce qui est gênant, c'est que même l'origine du fonds reste floue. Pouvez-vous éclairer l'opinion à ce sujet ?
- Le gouvernement a probablement fait des réaffectations de crédit pour acheter cet appareil. C'est l'un des points sur lesquels nous attendons des explications, car il y a également une procédure à suivre pour un tel recours. Une réaffectation de crédit est l'utilisation d'une ligne de crédit votée mais pas engagée dans le budget précédent. Lorsqu'un ministère, par exemple, n'a utilisé que la moitié du crédit prévu pour l'achat de fournitures de bureau.
• Et que se passera-t-il si la procédure n'a pas été suivie non plus dans ce domaine ?
- Dans le cycle budgétaire, il existe ce qu'on appelle une période complémentaire après la fin de l'exercice. Si ma mémoire est bonne, cette période complémentaire va jusqu'au 15 février pour Madagascar. Il est donc encore possible de faire des régularisations si cela est nécessaire. Ceci dit, si des irrégularités sont constatées, ce sera un précédent dont l'impact devra être étudié.
• Madagascar, dans sa situation peut-il se permettre d'acquérir un avion de luxe qui coûte 60 millions de dollars ?
- Encore une fois, je répète que c'est un choix qui revient au gouvernement et dans lequel le FMI comme le reste des bailleurs de fonds, n'a aucun droit de regard. Le débat dans ce domaine doit se faire entre la population ou ses représentants, c'est-à-dire les députés, et les dirigeants. Etait-il indispensable d'acquérir un avion plutôt que de voyager sur des vols réguliers ? Est-il vraiment dans l'intérêt du pays que le président voyage dans plusieurs contrées? Ce sont des questions qui doivent être débattues entre la population et le gouvernement.
• Au-delà de tout aspect technique, le FMI qui aide financièrement Madagascar n'a-t-il pas son opinion sur une telle dépense ?
- Ce que nous regardons, ce sont les incidences sur les réalisations du pays, par rapport aux objectifs du Madagascar action plan qui ont été inspirés des objectifs du millénaire. Cela concerne plusieurs domaines comme le taux de vaccination, le taux de mortalité, la santé ou l'éducation. Le gouvernement dans ses priorités a-t-il mis suffisamment de moyens financiers à la disposition de ces secteurs par rapport aux objectifs ? Ce sera par rapport à ces critères que nous allons mesurer la performance du pays.
Propos recueillis par
|
Mahefa Rakotomalala
Date : 09-01-2009 |
|
|
|
Statistique |
Vous êtes le 29842ème visiteur du jour.
Il y a en ce moment 1117 visiteurs en ligne.
|
|
|