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Edition n° 4535 du 09-02-2010
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CULTURE

Jean Luc Raharimanana
Annulation et non censure de la pièce « 47 »
Les autorités françaises nient avoir censuré la pièce « 47 » de Jean Luc Raharimanana. L'annulation de la tournée en Afrique australe est due à des restrictions budgétaires.
 
La représentation française à Madagascar met les choses au point dans l'affaire Raharimanana. « Il est tout à fait inapproprié de parler de censure », fait savoir Marie-Claire Gerardin, chargée d'affaires par intérim à l'ambassade de France.
Elle réagit ainsi aux protestations relatives à l'annulation de la représentation de la pièce « 47 », tirée de l'ouvrage « Madagascar 194 7», et mise en scène par Thierry Bedard, dans les centres culturels français d'Afrique australe et de l'océan Indien.
Selon les précisions de la diplomate, « il n'y a jamais eu d'ordre de la Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGICD) d'interdire la pièce dans tous les centres culturels français des pays concernés par cette tournée ». A l'entendre, c'est à l'initiative de chaque centre culturel qui, « libre de choisir le spectacle qu'il souhaite diffuser », que la programmation de la pièce «47» a été annulée.
Raisons financières
Une tournée, soutenue par CulturesFrance a été prévue dans les circuits des centres culturels français et des Alliances françaises de l'océan indien. Celle-ci a pourtant été retirée de la programmation, suivant « le libre choix » des centres culturels, selon Marie Claire Gerardin, « sur ordre de la DGICD », avaient regretté l'auteur et le metteur en scène de la pièce. Ces derniers se sont insurgés contre l'annulation de la tournée, et ont même qualifié la «déprogrammation» comme étant une censure d'Etat.
Pour expliquer le caractère inapproprié du terme censure, la chargée d'affaires rappelle que la pièce en question avait été jouée à deux reprises au Centre culturel Albert Camus en septembre. « Les deux représentations avaient été précédées par un atelier d'écriture et un forum littéraire consacré à l'oeuvre dont il a été tiré», souligne-t-elle encore.
Du côté du ministère français des Affaires étrangères, ce sont surtout des raisons financières qui sont évoquées comme étant à l'origine de l'annulation de la tournée.
Dans un article paru hier dans Le Monde, Anne Gazeau-Secret, directrice de la DGCID, souligne qu'«on ne peut pas dire que le spectacle a été refusé pour des raisons politiques. Les raisons sont plutôt financières. Il y a entre 10 et 30% de restrictions budgétaires pour 2009. Les centres doivent faire des choix », ajoute-t-elle.
Dans une lettre reçue par Thierry Bedard, toujours rapportée par Le Monde, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères ajoute que « le budget disponible oblige à établir des priorités ». Et apparemment, comme l'a affirmé Victoire Bidegain Di Rosa, conseillère du ministre français chargé de la Culture, « le thème du spectacle n'intéressait pas forcément les pays de la région ».
 
Lova Rabary-Rakotondravony
Date : 20-12-2008
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