 31-07-2010

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| POLITIQUE
Liberté d’expression et démocratie |
Les évêques poussent à la résistance |
La conférence épiscopale, exhorte la population à réagir face à sa souffrance. L’Église catholique promet son soutien en tant que raiamandreny. |
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De g. à dr. : Mgr Fulgence Rabemahafaly, président de la conférence des évêques et Mgr Philippe Ranaivomanana, président de la commission communication, hier à l’Episcopat Antanimena. |
L'Eglise catholique (Ecar) change de style, mais reste fidèle à sa ligne de conduite de ces derniers mois. Elle critique d'une manière sévère la démocratie et la liberté d'expression telles qu'elles sont vécues à Madagascar, et incite les gens à réagir.
«Il ne faut pas renoncer à suivre ce que dicte notre conscience et ne pas céder à la pression et aux intérêts matériels», déclare, Mgr Philippe Ranaivomanana, porte-parole de la conférence épiscopale. C'était hier à Antanimena.
Le message pastoral des évêques exhorte les citoyens à assumer leurs responsabilités, à s'exprimer et à «respecter la vérité selon leur conscience». Notamment dans la défense de leur choix démocratique.
Certains résultats contestés des communales ne sont pas tolérables car ils ne reflètent pas la démocratie et c'est ce qui la tue. C'est pourquoi nous lançons un appel à tous pour réfléchir et défendre la justice, «la seule qui libère», soutiennent les évêques.
L'Ecar offre en retour son soutien comme garantie. «En tant que raiamandreny, l'Eglise prend ses responsabilités, écoute et conseille», soutient Mgr Fulgence Rabemahafaly, président de la Conférence épiscopale. «Elle protège ses enfants quand ils éprouvent des difficultés», renchérit Mgr Philippe Ranaivomanana.
Menaces et intimidations
L'Eglise catholique veut aider la population à communiquer, car pour elle, apprendre aux citoyens à s'exprimer librement est un devoir. «Elle continuera à les éduquer pour qu'ils
s'expriment avec respect, selon la justice et l'équité», déclare Mgr Ranaivomanana.
L'Ecar n'est pas tendre en évoquant les maux dont souffre la population. «La majorité des gens baisse les bras. Ceux de bonne volonté qui veulent contribuer au développement sont sur le qui-vive. Emprisonnés par la peur et l'appréhension de licenciement ou d'affectation, ils n'osent plus s'exprimer et discuter», soutient le message pastoral.
Sur la forme, le message est moins direct que les précédents. Mais sur le fond, il frappe fort et reste dans la logique des dernières déclarations de l'Ecar, soit le durcissement des relations avec le pouvoir.
Interrogé sur le message pastoral, le député Louis Bernard Rakotomanga, porte-parole du bureau politique du «Tiako i Madagasikara» (Tim), préfère ne pas commenter le message. «Je n'en ai pas encore pris connaissance», élude-t-il.
Par contre, l'opposition s'en réjouit. «De toutes les confessions, seule la hiérarchie catholique a manifesté sa grande compassion face aux problèmes aigus vécus par la population», souligne Samuel Ralaidovy, coordonateur national de l'«Avant-garde pour la rénovation malgache» (Arema).
«L'interpellation est essentielle dans la mesure où elle pose un vrai problème de fond et de valeurs», explique-t-il.
Encadré
Le « oui mais » des catholiques
L'Eglise catholique encourage ses fidèles, surtout les jeunes, à aller voter lors des régionales du 16 mars. En même temps, elle incite ses ouailles à respecter le programme de la Journée mondiale de la jeunesse, prévue le même jour.
L'Eglise catholique a déjà fait quelques remarques sur le choix de la date de ces élections.
Elle suggère au gouvernement de ne plus organiser les scrutins ni le dimanche ni les jours de fête. Elle propose ainsi la tenue des consultations populaires pendant les jours ouvrables, chômés et payés. «Nous osons solliciter le pouvoir de tenir compte et de respecter la foi des uns et des autres», insiste le message des évêques.
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Iloniaina Alain
Date : 16-02-2008 |
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