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Edition n° 4678 du 31-07-2010
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Les candidats pour les Bahamas confiants
Les candidats pour les Bahamas ne reviennent pas sur leur décision. Ni les propos de l'administration, et encore moins les articles dans les médias ne semblent les décourager.
 
Les candidats qui n’ont aucune intention de renoncer ont déjà leurs passeports en main.
Les candidats pour les Bahamas continuent à croire au grand départ pour le pays de leurs rêves, malgré le doute qui plane sur le bien-fondé du projet. Leurs efforts dans ce sens se poursuivent.
“Je n'ai aucune intention de renoncer et compte aller jusqu'au bout. J'y suis presque”, déclare Noro, candidate au départ pour l'archipel lointain. “C'est une cause commune, donc il ne faut pas se décourager avant que l'administration puisse véritablement prouver l'inexistence de la société qui compte nous faire sortir de la misère”, ajoute-t-elle.
Son passeport en main depuis deux jours, elle envisage de quitter le pays courant septembre pour rejoindre les Bahamas, les îles de son rêve. “La première vague devra partir à la mi-septembre, s'il n'y a pas de changement”, raconte Noro.
A Anosy comme à Madera-Namontana, les prétendants aux emplois aux Bahamas semblent ne pas se soucier des actualités. La queue pour l'acquisition d'un passeport est loin de disparaître. Même réaction du côté des employés de l'agence de recrutement pour la tâche à laquelle elle s'est engagée. Le remplissage des formulaires va bon train.
Illusion
“Tout ce qu'on dit sur les Bahamas n'est que de la désinformation. Le président de la République serait intervenu s'il s'agissait d'un bluff”, rapporte Fara, commerçante ambulante au marché de Pochard à Behoririka. Cependant, elle se prépare déjà à affronter le pire. “Je ferai le nécessaire pour trouver du travail dans les îles voisines ou ailleurs, en cas d'échec”, ajoute-t-elle .
Les plus pessimistes se résignent déjà. “On ne peut plus espérer grand-chose. Le comble, c'est que l'administration a réagi tardivement. On aurait pu éviter de s'engager dans cette aventure”, reconnaît un candidat qui a voulu garder l'anonymat, hier.
L'administration se montre de plus en plus ferme depuis hier, même si aucune décision sérieuse n'est prise. “Que les candidats au départ pour les Bahamas oublient cette histoire. Ce n'est qu'une illusion”, a déclaré Jacky Tsiandopy, ministre de la fonction publique, du travail et des lois sociales, hier en fin d'après-midi. “Tous ces gens ont été escroqués”, poursuit-il.
Jacky Tsiandopy entend disculper l'administration dans cette affaire. “Les autorités ne sont, en aucun cas, responsables d'une éventuelle déception des candidats”, souligne-t-il. “Cependant, le ministère envisage d'ester en justice pour l'infraction commise par les recruteurs. C'est la seule démarche qu'on puisse faire”, précise le ministre de la fonction publique. Par contre, Jacky Tsiandopy ne garantit pas le remboursement de la somme versée sur le compte de Steve Henri Turmel.

Encadré
Les investigations s’accélèrent

Les dessous de l'affaire recrutement aux Bahamas ne tarderont pas à être mis à jour. L'administration accélère les investigations alors que les postulants aux emplois commencent à être angoissés.
Le ministère du travail et des lois sociales s'est exprimé par le biais d'un communiqué mardi, afin de mettre en garde les recruteurs et d’avertir les candidats. Le même jour, Steve Henri Turmel a été convoqué par la direction de la surveillance du territoire à Anosy. Une interdiction de sortie lui a été adressée dans la soirée.
Ensuite, les enquêtes effectuées auprès de l'ambassade américaine et l'ambassade malgache aux Etats-Unis ont permis de prouver l'inexistence de la société West Palm Textiles and Garments, supposée avoir son siège à Saint-Domingue.
Malgré la réticence de l'administration et la complexité de la situation, les candidats continuent à croire au projet. Très peu d'entre eux envisagent de faire marche arrière par peur de rater l'occasion et d'être rejetés par leurs pairs.
 
Stéphane Solofonandrasana
Date : 01-09-2007
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