 09-02-2010

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| CHRONIQUE DE VANF
Ces dates inutiles |
Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja |
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Un monument, dit le Littré, est une « construction faite pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personnage illustre, ou de quelque événement considérable ». On appelle également monuments les « édifices imposants par leur grandeur, leur beauté, leur ancienneté ».
Mon bon sens suppose que l'on inscrit dans la mémoire de l'Humanité uniquement ce qui en vaut la peine : la grandeur d'un (vrai) héros ou l'importance capitale d'un événement. Je me demande si ça en vaut la peine d'ériger un quelconque « monument » à des dates comme le 13 mai 1972, le 10 août 1991 ou le 7 février 2009. Dans l'absolu, ces dates illustrent l'incommensurable stupidité de certains hommes et femmes, qui se sacrifient devant les balles des FRS (Forces républicaines de sécurité), du Resep (Régiment de la sécurité présidentielle) ou des GP (Garde présidentielle), tandis que les meneurs enjambent leur cadavre pour grimper les marches du pouvoir. Sans préjudice des résultats objectifs d'enquêtes policières indépendantes.
Je dis aux meneurs des trois autres mouvances de cette crise 2009-2010 que l'on sait pertinemment pourquoi elles s'entêtent à organiser des manifs de rue, en espérant qu'une poignée suffisamment nombreuse de téméraires tombent sous les balles du FIS (Force Intérieure de sécurité). À une autre époque, avant la colonisation, il me semble que les résistants du « Menalamba » ou du 29 mars 1947 avaient tellement plus de légitimité à figurer à un quelconque Panthéon, justement parce que, dans leur anonymat collectif, leur bonne foi ne fut pas au service d'un chef qui les instrumentalisait pour devenir Président de ceci ou Premier ministre de cela.
Pire, ces sacrifices n'auront servi à rien. Philibert Tsiranana est tombé, Didier Ratsiraka perdit aux élections suivantes, Marc Ravalomanana fut contraint à l'exil, mais sans que le quotidien des millions de Malgaches s'en trouve durablement amélioré. La même improvisation permanente une fois au pouvoir, la même prédation des richesses naturelles du pays, le même autisme à se murer dans la pensée unique.
La seule vraie alternance, c'est une Constitution qui ne soit pas du sur mesure pour un mégalomane qui passera tandis que la nation restera. La seule vraie alternance, c'est le comportement républicain de dirigeants qui ne « patrimoinisent » pas l'État. La seule vraie alternance, c'est l'acceptation, déjà, du principe de cette alternance, en allant à des élections avec la volonté de les gagner, mais également la bonne volonté d'accepter une éventuelle défaite. Rien de tout cela n'a été obtenu une fois veillés et enterrés, les « mpitolona » des 13 mai 1972, 10 août 1991 ou 7 février 2009. Alors, à quoi bon commémorer ces dates « inutiles » ?
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| Date : 09-02-2010 |
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