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Edition n° 4678 du 31-07-2010
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CHRONIQUE DE VANF

Hommes de toutes les couleurs
Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja

 
Il est le premier athlète blanc à sprinter les 100 mètres en moins de dix secondes (9.98). Il est devenu champion d'Europe de la distance dans le stade de Barcelone, en Espagne. Cette médaille d'or a été obtenue avec un temps moyen, à une demi-seconde du record absolu du roi de la discipline, Usain Bolt. Quand tout le monde aura oublié ce titre anecdotique, Christophe Lemaitre restera dans l'histoire pour avoir été le premier athlète de race blanche à descendre sous la barre symbolique des 10 secondes, sur l'épreuve reine de l'athlétisme. Il fut un temps où se demander à haute voix si les Noirs couraient plus vite, sautaient plus haut, bondissaient plus loin que les Blancs, était assimilé à du racisme. Mais, quand on voit les basketteurs de la NBA, les boxeurs professionnels, les athlètes du 50 mètres au tour de piste, force est de constater une hégémonie des Noirs. Comment, dès lors, ne pas supposer une particularité physiologique qui les prédispose à telle ou telle discipline, beaucoup mieux que les Européens, les Asiatiques ou les Arabes?
Le plus catastrophé de cette suprématie physique fut Adolf Hitler lui-même, humilié de voir triompher les Noirs américains aux Jeux olympiques de Munich, en 1936. C'était bien avant l'abolition de la ségrégation raciale aux États-Unis, une époque où la moitié de l'Humanité portait le «fardeau de l'homme blanc», un temps où le politiquement correct n'avait pas encore épuré, sinon le dictionnaire, au moins la langue courante d'un mot comme nègre, supposé péjoratif, et qu'on relativise par black, dont la distance anglo-saxonne est censée offrir plus de recul.
Dans la France de nos journaux télévisés, on sentit comme un accroc fait au triomphant black-blanc-beur de 1998, l'absence de Beur (les Benzema, Ben Arfa, Nasri, etc.) parmi les 23 qui firent naufrage à la Coupe du monde de football, en Afrique du Sud. Quand la vulgarité du Black Nicolas Anelka s'étale à la Une de L'Équipe, on croirait entendre Nicolas Sarkozy fustiger les Français d'adoption des générations ultérieures et leur perte des valeurs. Plutôt qu'une lutte des classes, entre les caïds des cités et la victime beau gosse et bien élevé, la France du foot fut bien à deux doigts d'une fracture raciale. Le foot offre une vitrine pour les apprentis stars en même temps qu'il constitue un miroir de son temps. Les trois plus grands joueurs de football que compte la France sont tous d'origine étrangère : Raymond Kopa le Polonais, Michel Platini l'Italien, Zinedine Zidane le Kabyle. Ce n'est certainement pas verser dans le racisme que de simplement constater qu'un Polack et un Rital font déjà moins tâche dans une société de Blancs qu'un Arabe et encore moins qu'un Nègre. Un Vazaha fait plus tâche parmi des Malgaches qu'un Karana ou un Chinois. Je ne vois pas pourquoi on serait libre de s'extasier sur les performances d'un Blanc qui franchit la barre des dix secondes et avoir peur d'appeler un Noir un Noir.
La race n'existe pas, disent les scientifiques. N'empêche, tout le monde continue de regarder l'Autre, et de le ranger dans une catégorie, selon des critères physiques objectifs. Pour les Blancs, tous les autres sont des hommes de couleur. Attitude nécessairement raciste que le réflexe racial ?
 
Date : 31-07-2010
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