Entreprises
Grogne contre des mesures fiscales
Pierrot Botozaza (à dr.), conversant avec des opérateurs au Carlton (Photo Hery Rakotondrazaka)
Les membres du secteur privé haussent le ton contre les prises de décision intempestives sur des mesures, notamment fiscales, touchant les entreprises.
Les opérateurs interpellent l’État. Le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), le Syndicat des industriels de Madagascar (SIM) ainsi que l'Union des entreprises malgaches (Fivmpama) dénoncent des mesures prises de façon inattendue par les collectivités décentralisées. Il s'agit des mesures administratives mais aussi et, surtout, des taxes parafiscales comme les redevances et les ristournes que les communes décident d'appliquer de façon intempestive au milieu de l'année. De véritables désordres fiscaux qui peuvent
chambouler sérieusement la gestion financière et même l'avenir d'une entreprise.
« Il faudra désormais s'en tenir aux dispositifs fiscaux
qui sont prévus par la loi de Finances. Une telle situation illustre véritablement le manque de visibilité qui constitue notre principal problème », soutenait Herintsalama Rajaonarivelo, président de la Fivmpama, lors d'une rencontre avec le secteur privé organisée par la vice-Primature chargée de l’Économie et de l'industrie la semaine dernière.
Lourdes charges
Les opérateurs ont évoqué plusieurs exemples significatifs pour argumenter leur interpellation. L'augmentation unilatérale et faramineuse des redevances portuaires décidée par la commune urbaine de Toamasina en 2011 en fait partie. « La hausse a atteint presque les 200% », révéle une source proche des industriels.
Il y a également le projet d'application d'une redevance sur l'eau, initié par l'Agence nationale de l'eau et de l'assainissement (Andea). Une mesure qui avait provoqué un véritable tollé à l'époque. Son application est pour l'instant suspendue car elle a été attaquée au niveau du tribunal administratif qui n'a pas encore rendu son verdict.
Une autre décision inattendue et intempestive de l’État concerne les exportations. Un arrêté interministériel sorti le 29 septembre 2011 et entré en vigueur le
1er octobre avait imposé que tous les produits végétaux destinés à l'exportation soient soumis à une analyse de laboratoire qui devrait être effectuée à l’étranger. Les frais, évidemment, étaient à la charge des exportateurs. Quelques opérateurs étaient déjà victimes de cette mesure avant qu'elle ne soit suspendue au mois de novembre « suite à une réaction assez musclée des groupements
d'entreprises », révèle une source au courant du dossier. Cette décision de l'État était incompréhensible puisqu'elle visait à protéger les marchés à l’étranger », s'indigne-t-il.
Mahefa Rakotomalala
Mardi 07 fevrier 2012