Enseignement supérieur
Forte pression pour la reprise des cours
Un étudiant suppliant les enseignants à reprendre les cours hier à Ankatso (Photo Mamy Mael)
Un face-à-face entre étudiants et responsables de l'enseignement supérieur s'est déroulé, hier à Ankatso. Les étudiants ont imploré la reprise des activités.
« Je vous en supplie. Je vous en conjure. Laissez-nous étudier », a demandé à genoux un étudiant du département de Sociologie, à la cathédrale de la faculté de Droit, Économie, Gestion et Sociologie à Ankatso, hier. Cette « prière» s'est déroulée devant les membres de la commission Éducation du Conseil supérieur de la Transition (CST), du vice-président de l'Université d'Antananarivo, du directeur du cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur et des membres du syndicat des enseignants chercheurs de l'enseignement supérieur (Seces) durant leur face-à-face avec les étudiants.
Mais c'est André Rasolofo, président de la commission Éducation au sein du CST, qui a fait monter en premier la pression pour cette reprise des activités pédagogiques.
Question de principe
« Les étudiants doivent reprendre leurs cours. Nous allons demander des comptes auprès des différents responsables, sur l'évolution de cette situation cette semaine. Une commission mixte devrait être également créée, afin d'identifier les enseignants qui veulent enseigner et ceux qui souhaitent faire de la politique », a t-il annoncé. Pierre Andrianantenaina, membre de la commission Éducation et ancien président du Seces Antananarivo, a enfoncé ensuite le clou, pour faire pression sur ses collègues. « Il faut dresser une liste des enseignants qui veulent enseigner et ceux qui ne veulent pas. Des enseignants sont prêts à reprendre leurs activités », suggère t-il.
Gilbert Rasolomampiandry, coordonnateur de la direction collégiale du Seces, demeure imperturbable, face à ces déclarations. « Les enseignants souhaitent aussi reprendre leurs activités. Mais cette revendication du Seces, application de paiement des indemnités de recherche ou de risque, déjà signés par des ministres, est une question de principe de l'administration. D'autant plus que nous ne pouvons pas trancher sur cette question que durant le congrès national du Seces la semaine prochaine », a t-il répondu aux étudiants.
Mais les étudiants menacent, si aucune solution n'est trouvée. « Comme ce face-à-face n'a rien apporté, nous envisageons d'autres méthodes plus radicales si la grève persiste », prévient Sambahita, président des associations des étudiants des 22 régions à l'université de Toamasina, venu assister au débat.
Vonjy Radasimalala
Mardi 14 fevrier 2012