Emigration
Ruée vers les Seychelles
Les travailleurs malgaches à destination des Seychelles ont empli l'aéroport d'Ivato, hier (Photo Mamy Mael)
74 hommes et femmes sont partis travailler comme « fish cleaner ». Le salaire mensuel est l’équivalent de Ar 382 400.
Une nouvelle « mine d'or » aux Seychelles
À l'aéroport d'Ivato, hier à 15 h, le vol Air Mauritius 289 a embarqué 74 travailleurs malgaches vers les Seychelles après une escale à Maurice. Leur contrat de travail est de deux ans. La plupart d'entre eux ignorent leur tâche de
« fish cleaner » (gratter les poissons) chez Indian Ocean Tuna à Victoria Mahé aux Seychelles mais « on apprendra sur place », comme ils le disent. Être âgés de 22 à 35 ans, sachant lire et écrire peu importe le diplôme, avoir une bonne conduite, les femmes feront « fish cleaner », et les finitions et/ou des œuvres manuelles pour les hommes. Ils travailleront pendant 48h par semaine et disposent d'un jour de repos. Le salaire de base est d'Ar 382 400 par mois mais il y a les heures supplémentaires obligatoires. « Si la société a besoin
d'accroître sa production, ils travailleront le week-end », lance Patricia Andréas Lovasoa, responsable de l'Agence de recrutement international Madagascar (Agrim) qui s'occupe de l'envoi de ces travailleurs aux Seychelles. Bien sûr, dans le contrat, ils vont être hébergés, nourris et conduits au travail.
Rapatrié si...
Sur place, ils auront un essai de six mois. Sur le contrat qu'ils tenaient en main est marqué: « Si après l'essai, les résultats ne répondent pas aux attentes de la société, l'employé (e) sera rapatrié ». Les émigrés avaient l'air d'être impatients de leur nouvelle destination après les Émirats arabes unis. Beaucoup d'entre eux ont même laissé enfants et foyers. « Je dois partir parce qu'ici le travail qui nous est destiné est soit dans les entreprises franches, soit sur les marchés. Tout est déjà sous contrôle, les enfants resteront chez leurs grands-parents », se réjouit Rafredy, père de deux enfants de 6 et 4 ans, heureux de rejoindre sa femme déjà sur place. Ces 74 travailleurs forment la quatrième vague vu qu'une cent cinquantaine de personnes y sont déjà depuis le début du mois. La semaine prochaine, 95 autres clôtureront l'envoi.
Michella Raharisoa
Samedi 28 janvier 2012