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Edition n° 4678 du 31-07-2010
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CULTURE

Exposition
Jean-Michel Perdigon peint de l’abstrait
Du 9 au 27 février, le peintre expose au Centre culturel Albert Camus sous le thème de « Mena sofina ». Un artiste de l’abstrait se dévoile.
 
Pour Jean-Michel Perdigon, la forme ne se définit pas. Elle est tout et elle se trouve partout. Les huit tableaux de grand format qu'il présente au Centre culturel Albert Camus, du 9 au 27 février, sont bien à l'image d'un artiste libre, très libre par rapport aux traits conventionnels.
Adepte du mouvement appelé « expressionnisme abstrait », il préfère miser sur l'aventure des couleurs et de leurs nuances. Celles-là crient dans le silence des tableaux les mots d'un univers à part, indescriptible, mais dont l'aura multicolore, à l'odeur profondément inqualifiable, incite l'attention et la sensibilité.
Les couleurs jouent un rôle important dans les oeuvres, sans y être un élément « culte ». Leur rôle est avant tout d'impressionner.
« Quand je peins, je ne pense pas à la couleur, car si j'y pense, cela risque de me freiner. Je ne veux pas faire un mariage que je sais d'avance. J'aime me faire surprendre », soulève Jean-Michel Perdigon.
Qualifier son style de « très européen » ou «occidental» gêne l'artiste. Selon lui, « les mêmes tendances peuvent se trouver un peu partout, mais seule la démarche diffère d’un artiste à un autre. Sûrement, la mienne n'est pas traditionelle », se contente d'expliquer ce Français, Espagnol et Polonais de par le sang.
Il se dit enrichi en points de vue et en sensibilité grâce au trompettiste américain Miles Davis, au poète italien Dante, au philosophe allemand Nietzche, au peintre norvégien Munch, et à l'écrivain colombien Garcia Marquez.
Prétexte
Le thème « Mena sofina » qu'il a choisi fait allusion à sa citoyenneté européenne, mais cela n'a rien à voir aux oeuvres.
« Mena sofina est juste un prétexte. Car il me semble que les peuples ont beaucoup de points communs, et la bêtise les unit le plus », explique-t-il.
Ayant démarré la peinture en 1992 à l'âge de 30 ans, il a mis quinze ans pour effacer les traces du figuratif, le style de ses premières oeuvres, pour se convertir à l'abstrait.
« Je laisse à la nature la charge de dessiner un arbre. Si j'en reproduis, je prends le risque de le figer. Il ne sera jamais aussi beau quà sa place naturelle », se défend-il, en précisant que «l'abstraction, c'est la forme de noyade ou d'éclosion, par rapport à notre repère ».
Pour Jean-Michel Perdigon, « Message » est un vain mot. Ses œuvres s'expriment juste dans une complexité raffinée, légère et décorative. Elles ont été conçues pour être vues. « Elles ne racontent rien. Elles proposent tout simplement de l'émotion », soutient-il.
 
Hernan Rivelo
Date : 09-02-2010
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