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Edition n° 4568 du 19-03-2010
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Maurice
Un ministre interrogé par la police
Le ministre mauricien de la Justice a été interrogé jeudi concernant une plainte logée par des policiers. Il est accusé d’avoir tenu des propos séditieux.
 
L’«Attorney General », Rama Valayden, a été interrogé aux Casernes centrales jeudi. L’accusation de sédition qui pesait sur lui n’a pas tenu la route face aux arguments de sa cohorte d’avocats.
C’est au son de pétarades que s’est finalement terminé l’interrogatoire de Rama Valayden.
En effet, au terme de quatre heures et demie,
l’Attorney general a quitté les locaux du Central Criminal Investigation Department (CCID) aux Casernes Centrales sans être inquiété. Une demi-heure plus tard, des pétards éclataient devant l’étude de Me Jacques Panglose à la Place Nelson Mandela.
Flanqué d’une armada d’avocats, Me Panglose a convaincu les enquêteurs que Rama Valayden n’a commis aucun délit de sédition, comme le soutenaient trois officiers de police dans une déposition.
Il lui était reproché d’avoir insinué que les créoles étaient victimes de brutalité policiére. Et pour soutenir leurs arguments, ils se sont appuyés sur des jugements de la Cour suprême et des pays du Commonwealth qui ont fait jurisprudence.
Pour Me Panglose, l’Attorney General a eu à faire face à une loi rétrograde.
Heureusement estime- t- il, « que la justice a eu raison des ragots ». Ainsi, après avoir écouté les arguments des hommes de loi présents, les enquêteurs ont jugé qu’il n’était pas nécessaire de procéder à l’interrogatoire de Rama Valayden « under warning ». C’est sur le coup de 9 h 30 jeudi matin qu’une fourgonnette s’est arrêtée devant les locaux du CCID. À bord du véhicule, Rama Valayden et son armée d’avocats.
Hors contexte
Un groupe de sympathisants a également fait le déplacement pour lui manifester son soutien. Toutefois, une équipe de la Special Supporting Unit ( SSU) les informe qu’ils ne sont pas autorisés à rester là.
Une vingtaine de minutes aprés le surintendant de
police, Heman Jangi, qui est aussi le chef du CCID, vient personnellement interroger Rama Valayden. Il est soutenu dans cette tâche par l’assistant surintendant de police, John Ramasawmy, du chef inspecteur Sébastien Joseph et de l’inspecteur Chundun Kumar Rughoonundun. L’ Attorney General est confronté aux accusations formulées contre lui.
Les avocats de la défense, notamment Me Panglose assisté de Mes Raouf Gulbul, Rashad Daureeawoo, Nanda Kistnen, Shakeel Mohamed, Sanjay Bhuckory, Yatin Varma, Girish Baboolall et Uroosha Rawat, expliquent que les propos de l’Attorney General ont été placés hors contexte. D’autant, avancent-ils, que les accusations formulées ont été basées uniquement sur un extrait de son intervention qui a duré entre vingt à trente minutes à un congrès. Les avocats s’interrogent sur l’authenticité et le montage de cet enregistrement.
De plus, les avocats soulèvent un point de droit notamment celui d’être en mesure d’écouter, dans toute son intégralité, la bande sonore. À cela, les enquêteurs devaient déclarer qu’ils ne possèdent que cet extrait. Ce qui permet aux hommes de loi de Rama Valayden d’arguer que cette enquête n’est pas équitable.
Et partant, ils soutiennent qu’un éventuel procès ne serait pas équitable non plus. Ce qui est contraire à la Constitution. Pour eux, Rama Valayden n’a pas commis de délit de sédition.

© La Sentinelle
 

Date : 07-11-2009
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