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Edition n° 4535 du 09-02-2010
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POLITIQUE

Crise
Rajoelina maintient Roindefo

 
Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT) a choisi le statu quo. Il pose des conditions aux bailleurs de fonds avant d’entamer une démarche en vue de l’application des accords de Maputo, censés régir une Transition inclusive, consensuelle et pacifique.
«Je suis prêt à mettre en œuvre la Charte de la Transition et l’accord que j’ai signés à Maputo. Pour pouvoir les appliquer, nous demandons des garanties par écrit de la part de la communauté internationale», a déclaré Andry Rajoelina au cours d’un discours à la Nation, dont la diffusion a pris deux heures de retard par rapport à ce qui a été annoncé.
Celui qui se pose comme le président de consensus de la Transition énonce des conditions à la communauté internationale. Il s’agit du retour des aides jusqu'ici suspendues, de la suppression des sanctions à venir mais également d’autres appuis pour l’organisation des élections.
Ce n’est qu’après qu’il compte nommer lui-même un chef de gouvernement qui devrait être accepté par tous. «Pour l’intérêt de la population malgache, j’attends les suggestions des autres mouvances et je serai prêt à nommer un Premier ministre de consensus», a-t-il indiqué.
Si en théorie, Andry Rajoelina laisse entendre la possibilité, et non un engagement, pour un départ de Monja Roindefo, ce dernier reste encore en poste pour une durée qui n’est pas déterminée. Cela dépendra de la réponse de la communauté internationale, puis du temps pour tout mettre en œuvre.
Le président de la HAT, qui a paraphé les accords de Maputo, souhaite ainsi inverser le processus. Au lieu de l’application des textes signés, ou du moins de leurs discussions, il a préféré exiger un geste, par écrit, de la part de la communauté internationale.
Manœuvre dilatoire
Le discours de Rajoelina surprend. Depuis jeudi, l’idée de l’éviction de Monja Roindefo s’est répandue comme une traînée de poudre. Des militants du Vondrona Miaro ny Fiandrianam-pirenena ou Groupement pour la défense de la souveraineté, des pro-HAT favorables au chef du gouvernement, avaient même dénoncé en public l’idée du limogeage du locataire de Mahazoarivo, au cours d’une réunion à Andravoahangy samedi.
Les quelques réactions provenant des mouvances des trois anciens présidents donnent un aperçu des débats dans les prochains jours. «C’est une manœuvre dilatoire», a critiqué Fetison Andrianirina, chef de la délégation de la mouvance Ravalomanana. «Pourquoi ne pas revenir à la table des négociations avant de décider quoi que ce soit ?», s’est-il demandé tout en contestant la qualité de président de Rajoelina avant la répartition des sièges des institutions transitoires.
Emmanuel Rakotovahiny, chef de la délégation de la mouvance Albert Zafy, lui, ne croit pas à la tentative du président de la HAT. «Il faut mettre en œuvre les accords de Maputo avant d’espérer un dégel de la suspension des aides. Cela a été l'unique discours tenu par les diplomates lors de nos tournées dans les chancelleries», a-t-il rappelé.
 
Iloniaina Alain
Date : 05-10-2009
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