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Edition n° 4535 du 09-02-2010
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POLITIQUE

Andry Rajoelina à Paris
Retour à l’accord de Maputo?
Profitant de son séjour à Paris, Andry Rajoelina tente de trouver une issue à la crise. Il fait l’objet de pression pour un retour à l’accord de Maputo. Ce qui équivaut à l’éviction du Premier ministre Monja Roindefo.
 
Retour à la case départ, ou plutôt aux Accords de Maputo. D'après les quelques confidences qui filtrent lors du séjour à Paris de Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT), l'idée d'un retour aux termes de la Charte de Maputo refait son chemin.
A priori, l'échec relatif du déplacement de Rajoelina aux Nations-unies semble peser dans la balance. Celui-ci a montré les limites de la marge de manœuvres du régime de transition dans le concert mondial sans la coopération des pays partenaires.
À première vue, l'orientation politique née après les discussions parisiennes de Andry Rajoelina, va dans le sens des Accords de Maputo. Il s'agit d'un partage des postes-clés entre les quatre mouvances politiques aussi bien au sein de l'Exécutif que du Législatif de la Transition. Une répartition qui, dans une certaine mesure, avait bloqué le processus après l'échec de Maputo II, en particulier concernant les deux postes clés de l'Exécutif. Un blocage matérialisé par le remaniement du gouvernement jugé unilatéral par les trois autres mouvances.
Ce qui, après tout, devrait arranger Andry Rajoelina. Il aura une occasion de se débarrasser de son Premier ministre avec qui l’entente n'est plus que de façade.
Depuis que Monja Roindefo a demandé l'avis de la Haute cour constitutionnelle sur son éventuelle destitution, le ressort semble s'être cassé entre les deux personnalités. Monja Roindefo a tenu ensuite à être présent au second  round de Maputo pour suivre le déroulement des opérations. Et quand Andry Rajoelina avait demandé à son Premier ministre de former un nouveau gouvernement en 72 heures, Monja Roindefo l'avait pris au mot composant une équipe à sa façon. Le clash s'est amplifié quand ce dernier a pris récemment l'initiative de convoquer un comité d'experts pour esquisser la future loi fondamentale, alors que Rajoelina essuyait une humiliation à New York. Un conseil des ministres aurait été mieux approprié pour prendre cette décision.
La coupe est ainsi pour le moins pleine et les couacs à New York donnent l'occasion à Rajoelina de prendre un nouveau départ avec lui-même comme locomotive, mais vraisemblablement sans Monja Roindefo. L'un des deux doit en tout cas se sacrifier pour l'intérêt supérieur de la Nation. Mais la séparation se fera non sans mal, Roindefo n'entend pas lâcher la proie pour l'ombre.
Débat stérile
Les événements de ces derniers jours laissent entrevoir une préparation de terrain allant dans ce sens. Ceux qui sont perçus comme étant des partisans du chef du gouvernement s'activent pour fustiger la réunion du 6 octobre, censée concrétiser les accords de Maputo. C'est le cas des attaques contre les médiateurs de la SADC initiées par le Monima, le RPSD, le Farimbona, le Leader Fanilo.
Pas plus tard qu'hier, cette dernière formation a proposé un schéma de transition, écartant l'idée d'un Exécutif bicéphale. La suggestion consacre plutôt un Premier ministre désigné par un Congrès de transition élu plutôt qu'un chef de la transition, écartant de fait Rajoelina.
Le Premier ministre Monja Roindefo a précisé sa position: «Nous attendons de voir quelle sera la méthodologie appliquée pour la réunion du GIC le 6 octobre. Si la réunion n’apporte rien au pays et ne fera au contraire que bloquer les choses, nous n’y participerons pas», a-t-il indiqué hier matin à Ivato, en marge de la célébration de la fête de Saint Michel, au 1er RFI. «Mais nous sommes ouverts si c’est pour le bien de Madagascar», a-t-il ajouté. Il reste toutefois évasif pour ce qui est des critères de blocage.
Les trois autres mouvances se frottent pourtant les mains. «C'est ce que nous avons recherché depuis le début.  C'est une sage décision», s'est félicité l'ancien président Albert Zafy. «Auparavant, la HAT avait fait le forcing pour mettre en place un gouvernement unilatéral», a-t-il rappelé.
Même son de cloche de la part de Fetison Andrianirina, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana. Ce dernier est allé un peu plus loin en demandant d'accélérer le processus. «Il vaut mieux trouver un accord avant la réunion du GIC. C'est à nous de trouver les solutions», a-t-il suggéré.

Encadré
Les délégués invités

Les délégués des quatre mouvances sont invités à participer à la réunion du Groupe international de contact (GIC), le 6 octobre. Ils seront de la partie pour des échanges interactifs, selon une source au courant du dossier, alors qu'en principe, seuls les membres du GIC pouvaient y prendre part.
À Addis-Abeba, lors de la deuxième réunion du groupe de contact, seuls les délégués des mouvances des anciens présidents Ratsiraka et Ravalomanana avaient répondu à l'invitation. Pour diverses raisons, les camps de Zafy et de Rajoelina avaient décidé de ne pas rejoindre la capitale éthiopienne.
 
Iloniaina Alain et Sylvain Ranjalahy
Date : 30-09-2009
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