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Edition n° 4707 du 03-09-2010
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Faux-Cap
Des maladies cutanées sévères
Faute d’intervention, la population de Faux-Cap nettoie elle-même la plage polluée par le bateau turc. Les gens sont victimes d’une grave maladie de la peau.
 
Une situation alarmante. Deux semaines après le naufrage du bateau turc « Guster Ana » transportant 39 000 tonnes de phosphate, la population de Faux Cap subit les dégâts des produits chimiques déversés sur la plage.
Une affection ronge la peau des habitants. « Des taches noires se forment sur nos pieds. Comme nous n’avons pas d’eau, nous les lavons avec du pétrole, mais cela s' aggrave, car la peau se déchire », se plaint Rosa Marie, une mère de famille qui fait partie de ceux qui procèdent tous les jours au nettoyage.
« Les déchets chimiques déversés par le bateau engendrent ces réactions. Pour faire le nettoyage, nous leur avons distribué du plastique, à se mettre sur les mains et les pieds. Nous avons beau demander des gants à l’État malgache, ils ne sont jamais arrivés », explique un expert français de la catastrophe marine arrivé à Faux Cap depuis le début de la semaine pour surveiller cette situation de près. Cet expert a été dépêché sur place par la compagnie d'assurance qui couvre le bateau turc.
Seul moyen de survie
« Nous utilisons des seaux et des tamis pour séparer des plaques de goudron du sable et des sachets en plastique pour collecter les déchets », raconte Maria Zela, présidente de l’association des femmes du village de Faux-Cap chargée de la coordination du nettoyage.
Selon elle, l’expert étranger paie Ar 5 000 par jour aux habitants jusqu’à ce que la plage soit propre. « C’est le seul moyen pour nous de survivre, car jusqu’ici, l’aide que l’Etat nous a promise n’est toujours pas arrivée. Et pourtant, nous sommes privés de notre activité de survie, suite à l’interdiction de pêcher en mer », se plaint Fanjaria, un pêcheur, père de quatre enfants.
Cet homme a risqué sa vie pour sauver les 14 membres d’équipage du bateau turc, lors de son naufrage. « J’était en mer lorsque le bateau a été sur le point de couler. Je l’ai suivi en le voyant s’engloutir dans la mer », raconte-t-il.
Une vingtaine de familles ont trouvé une autre source de revenus malgré les risques auxquels elles sont exposées. Une situation qui risque de s’aggraver dans les prochains jours, faute d’hygiène. «Aucun médecin n’est disponible sur les lieux. Aussi, l’eau manque à Faux Cap car les habitants doivent parcourir des kilomètres avant de trouver une source d’eau potable.

Encadré
Un renfort de l’Afrique du Sud

Jusqu’à hier, le bateau turc est resté suspendu en mer. Les autorités de l’organe de lutte contre les évènements de la pollution marine, par les hydrocarbures (OLEP) ne pouvaient rien faire car la mer est très forte à Faux-Cap. Les matériels dépêchés sur place étaient inutiles , l’intervention étant très difficile. Un autre bateau venant d’Afrique du Sud est attendu, pour pomper la cuve afin d'évacuer les déchets restants du bateau.
 
Fanja Saholiarisoa
Date : 11-09-2009
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