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Edition n° 4707 du 03-09-2010
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ECONOMIE

Conjoncture
Des performances à améliorer
Le bilan économique des six mois de transition reste mitigé. Le Premier ministre doit faire mieux pour justifier le maintien à son poste.
 
Le plus dur est à venir pour le gouvernement de la Transition. Pour l'instant, la bonne performance du précédent régime en matière de finances publiques a beaucoup contribué à la résistance des indicateurs économiques durant les dix mois de crise politique. Et ce, grâce à une réserve en devises exceptionnelle, des opérations douanières parfaitement maîtrisées malgré un moment de flottement à la tête du pouvoir central et une administration fiscale forte.
Dans les mois à venir, la tâche s'annonce plus compliquée pour le nouveau gouvernement Roindefo qui doit préparer la loi de finances 2010. Il doit également renforcer la rentrée des recettes fiscales dans un contexte marqué par un ralentissement de la consommation et un contexte économique mondial difficile avec la crise financière. La reprise de la hausse du cours du pétrole risque également de compliquer les choses.
« La performance macroéconomique de Madagascar n'a jamais été aussi bonne par rapport aux crises de 1972, 1991 et 2002. Le pays, par exemple, n'avait aucune réserve en devises durant le mandat d'Albert Zafy qui avait néanmoins tenu deux ans », remarque-t-on du côté du Club des économistes de Madagascar.
Pour les six premiers mois de la transition, l'appréciation « peut mieux faire » est beaucoup plus adaptée. La maîtrise des indicateurs des finances publiques comme l'inflation, les recettes fiscales et la politique d'austérité constituent de bons points pour le ministre des Finances et du budget Benja Razafimahaleo. Mais la gestion de certains grands dossiers comme celui de la Nouvelle brasserie de Madagascar à Ambatolampy ou la mise en vente du riz de Tiko au port de Toamasina, a été peu convaincante. Les efforts du task force pour la relance économique mis en place par Monja Roindefo sont également peu res-sentis sur le terrain.
Le PM doit convaincre
« Le comportement du gouvernement vis-à-vis des investissements de 18 millions d'euros n'était pas pour instaurer la sérénité des investisseurs. Le pays n'a pas besoin d'une telle mauvaise publicité à l'heure actuelle », déclare un opérateur malgache.
Outre les questions politiques, la gestion économique est aussi capitale pour apprécier la capacité du régime de transition à gérer le pays vers la quatrième République. Les finances publiques ne représentent qu'une petite partie des indicateurs de performance. Monja Roindefo et son gouvernement devront convaincre dans l'amélioration des secteurs touchant de près le quotidien de la population, notamment si les sanctions des bailleurs de fonds tombent.
 
Mahefa Rakotomalala
Date : 08-09-2009
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