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Edition n° 4707 du 03-09-2010
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Diana
Le transport de voyageurs, une plaie du Nord de l'île
Voyager en taxi-brousse est un véritable calvaire dans la région Diana. Le surnombre de passagers est une pratique courante. Les chauffeurs ignorent les gares routières et embarquent les passagers n’importe où.
 
La nouvelle gare routière, située en dehors de la ville, manque d'infrastructures.
Une vingtaine de personnes entassées dans un minibus de 14 places, des sacs de voyage et des ballots remplis de produits locaux à peine arrimés sur le porte-bagages, des invectives de la part du chauffeur à la moindre plainte des passagers. Le voyage par taxi-brousse est tout sauf confortable dans la région Diana.
Une personne désirant se rendre à Ambanja, la capitale malgache du cacao, doit se préparer et s'attendre à tout. De prime abord, les habitués prenant les véhicules de transport de la ligne nationale voudraient bien éviter la surcharge.
Mais la situation est telle qu'il faut s'y adapter. Les autres passagers n'hésitent d'ailleurs pas à s'attaquer à celui qui ose s'insurger contre la pratique.
« Olombelona tsy mifanomboka » («Les humainss ne s'encornent pas »), ou bien « Nagnino tsy nangala spécial na nitondra tômobilin'i babanao ? » (« Pourquoi n'as-tu pas affrété une voiture spéciale ou pris carrément celle de ton père ? »). De telles répliques fusent immédiatement.
Le plus souvent, une petite panne ou une crevasion apparaît comme une délivrance. En effet, l'arrêt qui en découle permet au
Les voyageurs sont tiraillés par les racoleurs, au risque de perdre les bagages.
x passagers de souffler un peu et de se reposer avant de reprendre la route.
Surcharge
Refuser d'embarquer les passagers attendant le long de la route nationale s'avère difficile pour les chauffeurs. Interrogé, l'un d'eux déclare qu'il lui faut amortir les charges d'exploitation du taxi-brousse par l'intermédiaire de passagers en surplus.
« A part les entretiens et les autres dépenses imprévues, la somme versée à la police de la route ponctionne aussi notre chiffre d'affaires. Par conséquent, nous sommes contraints d'enfreindre les règles en vigueur », précise-t-il. « Le versement de l'« écolage » permet de fermer les yeux de la police de la route », ajoute-t-il.
D'habitude, la présence d'un gendarme ou d'un policier dans le véhicule semble une bénédiction pour le transporteur, surtout s'il est en tenue ou reconnu par ses pairs officiant aux points de contrôle.
Dans nombre de cas, les chauffeurs de taxi-brousse se plaignent des abus des agents de la route. L'application des deux textes, les décrets 95-291 et 96-583, relatifs aux répressions contre les violations du code de la route, notamment la mise en fourrière des véhicules, demeure au centre des discussions.
« Les agents se servent toujours du premier texte, par ailleurs relativement dépassé, pour faire pression sur les transporteurs. La menace de mise en fourrière devient une litanie », s'insurge Gamal, transporteur à Antsiranana.
 
Stéphane Solofonandrasana
Date : 24-07-2008
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