 03-09-2010

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Vie de communauté |
Les sinistrés survivent sous les tentes |
Il est difficile de se retrouver sinistré après le passage d'un cyclone. Des familles sont contraintes de vivre sous les tentes, dans la promiscuité qu'elles déplorent. |
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Du camping forcé pour les sinistrés. |
Il n'est que 4 heures 30 du matin que déjà la lumière apparaît sous une tente. La lueur d'un bout de bougie arrive à réveiller tout le monde. 25 personnes logent sous cette tente, femmes, hommes et enfants confondus.
Les baillements entrecoupent les « bonjour » lancés à la hâte. Les femmes s'activent en premier pour défaire la fermeture des tentes. Elles sortent l'une après l'autre. « Elles se dirigent vers les sanitaires. C'est l'endroit où une longue file est enregistrée très tôt le matin », souligne Angéline Ramanandraisoa, une responsable de tente.
« Avant, quand nous n'avions ni toilettes ni douches, c'était la galère pour les femmes qui devaient attendre la levée du jour pour se baigner dans l'eau de l'Ikopa », souligne-t-elle.
Après la douche, tout le monde s'active à allumer le feu pour la cuisson. «Normalement, les tâches débutent après l'appel », annonce Angéline Ramanandraisoa.
Ceux qui partent travailler s'en vont à 5 heures du matin après un léger petit-déjeuner, composé de riz et de « vily maina » ou poissons fumés. Le reste vaque à ses occupations.
Les enfants se rassemblent pour aller à l'école vers 7 heures. «Notre emploi du temps tourne autour de l'école. Nous ne jouons que l'après-midi, après les classes. Nous essayons de nous mettre au lit à 19 heures 30, sauf si les adultes bavardent beaucoup, alors nous ne trouvons pas le sommeil », souligne Prisca Voloniaina Razafindratasy, une petite fille âgée de 10 ans, en classe de 8ème dans une école privée à Tanjombato.
Les enfants sont nombreux sous les tentes. «C'est d'ailleurs pour eux que nous restons ici, car ils ne supportent pas la moisissure dans notre maison », laisse entendre la mère de Prisca.
Les jeunes sont aussi nombreux dans le quartier des sinistrés. Mais la plupart vagabondent, faute d'occupations majeures.
La galère
Jean de Dieu Rakotozafy, un quinquagénaire, est venu avec une famille de quatre personnes au camp d'hébergement de Tanjombato en face de Jumbo Smart. Veuf, son gendre subvient aux besoins quotidiens de ce petit monde.
«Je passe mon temps à m'occuper de mes volailles à Anosimahavelona, mon quartier, et à me reposer sur les berges de l'Ikopa », se lamente-t-il.
A côté de lui, une mère de famille allaite son bébé de quatre mois. C'est Lili Jocelyne Ramanantenasoa, qui n'a que 26 ans et qui pourtant a déjà donné naissance à cinq enfants. « Je compte m'arrêter cette année en ayant recours au planning familial », remarque-t-elle. Elle se débrouille en faisant de petits métiers.
«Pour le moment, je lave notre linge sale avant de préparer le repas composé de riz et de lentilles. Mon mari, un docker, fait vivre la famille pendant tout ce temps », souligne-t-elle.
Comme elle, les sinistrés essaient de survivre à cette nouvelle vie. « Le quotidien tourne à la galère. Nous avons quitté un endroit calme pour nous retrouver dans ce nouvel endroit », souligne Jean Marie Rakotomalala, président et délégué des sinistrés de Tanjombato.
Il a travaillé comme technicien aéronautique avant d'être sinistré à Tanjombato. Mais il essaie de s'adapter à cette nouvelle vie depuis le 18 février, date de début de sa tragédie.
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Fanja Saholiarisoa
Date : 26-03-2008 |
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