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Edition n° 4678 du 31-07-2010
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Ressources naturelles
Le prix du pétrole noie la crevette
Les opérateurs malgaches œuvrant dans l'exploitation de la crevette se trouvent actuellement dans une impasse. La filière exige une véritable restructuration.
 
Les opérateurs ont exposé l'impact de la hausse du prix du carburant sur la filière crevette.
L'incessante hausse du prix du pétrole sur le marché mondial remet en cause l'avenir de la filière crevette à Madagascar. D'après les opérateurs du secteur, les coûts engagés pour les carburants sur les bateaux de pêche sont devenus trop importants pour l'exploitation. La situation ira encore en empirant dans les années à venir.
Le contexte mondial veut que le prix du pétrole continue sur cette pente ascendante. Au début de la campagne 2007, le prix de la tonne métrique de carburant hors taxes était de 624 dollars. Au début de la campagne 2008, il est monté à 955 dollars.
«C'est une hausse de 53 % en une année et qui ne tient pas encore compte des changements actuels de prix», explique Georges Ramorasata, secrétaire général du Groupement des aquaculteurs et pêcheurs de crevettes de Madagascar (GAPCM). Le baril de pétrole vient de dépasser la barre des 100 dollars depuis quelques jours. «Le carburant représente environ 30% des charges», remarque le secrétaire général.
D'autres facteurs contribuent à la dégradation de la filière. Sur la même période, les frais de transport ont suivi la même tendance que celle du prix du baril de pétrole. A cela s’ajoute le fait que depuis quelques années, les conteneurs qui partent de Mahajanga ou de Toamasina ne sont plus dirigés directement sur l’Europe, la principale zone d’exportation. «Ils transitent par l'île Maurice, Durban ou même Bombay», fait savoir Georges Ramorasata.
Baisse
En parallèle, l’offre mondiale de crevettes d’aquaculture a explosé à partir des années 2000. Cela entraîne mécaniquement le prix vers le bas. Structurellement, il n’y aucun espoir d’amélioration des prix dans les années à venir. Le GAPCM avance également que plusieurs faits confirment cette mauvaise santé de la filière crevette.
Le volume exportée a subi une baisse importante entre 2002 et 2007. De 9 800 tonnes en 2002, il est passé à 5 500 tonnes en 2007. Il en est de même de la valeur des exportations. De 65 millions d'euros en 2002, la recette est passée à 29 millions d'euros en 2007.
L'effondrement des coûts ne fait qu'aggraver la situation. Le prix de vente a aussi baissé de 26 % durant cette période.
Au plan social, le nombre d'emplois accuse aussi une regression. Les chiffres du GAPCM mettent en évidence une baisse de 40 % d'une manière directe ou et indirecte.
La perte d'emploi affecte principalement les chalutiers. «Il y a de moins en moins de navires et la campagne de pêche devient plus courte», explique Georges Ramorasata. «Le nombre d'emplois est passé de 5 000 en 2002 à 3 000 en 2007», conclut-il.
 
Doda Andrianantenaina
Date : 25-02-2008
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