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Conjoncture
Les Travaux Publics en difficulté
Hary Andriantefihasina et David Ranaivo exposent la situation, hier (Photo Hery Rakotondrazaka)
Le Syndicat des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics rapporte la pré­carité de la situation de ses 50 entreprises membres. L'année 2011 a été ardue.
Une année cruciale. Les entreprises membres du Syndicat des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics (SEBTP) ne supporteront plus une nouvelle année de crise. Appa­remment, celles du SEBTP se portent très mal depuis 2009, et environ 60% de ses membres se trouvent dans un état précaire. « Le chiffre d'affaires des entreprises du syndicat est passé de Ar 700 Milliards en 2008 à Ar 200 Milliards en 2011 (statistiques du SEBTP). Le SEBTP a également assisté à 7000 pertes d'emplois directs depuis le début de la crise », a indiqué hier Hary Andriantefi­hasina, vice président du Syndicat, sans compter les emplois générés par le recours à la sous-traitance.
Ces difficultés rencontrées par ces entreprises spécialisées dans le cadre des Bâtiments et Travaux Publics résultent en grande partie, du départ des bailleurs de fonds, et à la forte réduction des travaux liés aux grand projets miniers. Dans le public, en l'absence de financements extérieurs, l'État a décidé de mener une politique d'austérité. Le volume destiné à l'infrastructure a été fortement réduit. « Rares sont les entreprises qui ont pu travailler sur des marchés à but humanitaire ou des reliquats de budgets de certains bailleurs de fonds », rapporte David Ranaivo, membre du syndicat. « On compte sur le bout des doigts également les entreprises qui ont pu bénéficier de derniers travaux sur des projets miniers en
cours », poursuit-il. Quant au reste du secteur privé, il attend une meilleure visibilité politico-économique avant d’investir.
Espoir
Les membres du syndicat font ainsi partie de ceux qui attendent avec impatience la reconnaissance internationale. « Il y a des projets qui sont en stand by. Nous espérons qu'ils seront repris cette année. Mais à leur reprise, les entreprises à Madagascar doivent être privilégiées. Elles ont déjà la capacité d'assurer de grands travaux », espère Hary Andriantefihasina. Le syndicat espère beaucoup également un paiement consé­quent des arriérés de l'État.
« Au total, l'État doit environ Ar 100 milliards aux entreprises membres de notre Syndicat. Cette somme inclut des travaux et la TVA », avance David Ranaivo. Une source auprès de l'État indique que « c'est une dette accumulée par les deux régimes successifs à savoir celui de Marc Ravalo­manana et celui de la Transition ».

Sécurisation de l'investissement
Malgré la crise, des particuliers et certaines entreprises continuent à investir dans la construction. Selon les explications du SEBTP, les biens immobiliers ont toujours été une valeur refuge pendant les périodes de crise. Ce qui peut expliquer la poussée des constructions dans certains quartiers comme Ankorondrano. Les entreprises qui assurent ces travaux ne sont pas forcément membres du syndicat.


Judicaëlle Saraléa
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