Compétences
Maurice recrute des techniciens malgaches
Gil Razafintsalama ( à g. ), président du Goticom, et Ravin Ramsamy, vice-président de l’Otam de Maurice, encouragent la coopération TIC entre les deux îles (Photo Claude Rakotobe)
Madagascar est un vivier de compétences pour le bassin sud de l’océan Indien. Des sociétés mauriciennes recrutent actuellement des ressources malgaches dans le domaine informatique.
« Vous êtes informaticiens, venez travailler à Maurice », interpelait une annonce parue dans la presse nationale. Des sociétés mauriciennes œuvrant dans le service informatique recrutent actuellement des compétences malgaches. La plupart travaille pour de grands comptes internationaux. L’île Maurice devient donc une nouvelle opportunité pour les informaticiens malgaches, en quête d’une expérience internationale.
Cette fuite de cerveaux handicape les entreprises malgaches. La Grande île a encore besoin de 1 000 techniciens par an, alors que 300 ingénieurs sortent chaque année dans les grandes écoles.
« Il nous est difficile d’empêcher ces recrutements. Cela valorise la compétence malgache et les sociétés à Madagascar. Ceci étant, c'est une note positive pour nos techniciens. Pour pallier cette fuite de cerveau, nous optons pour le volet formation », annonce Gil Razafintsalama, président du Groupement des opérateurs en technologie de l’information et de la communication (Goticom).
Avantages
A Maurice, la main-d’œuvre qualifiée et expérimentée se raréfie. Ce qui pénalise le secteur du Business process outsourcing (BPO), l’un des viviers économiques de l’île sœur. Elle se voit obligée de recruter des compétences, non seulement malgaches mais aussi sur le continent africain.
Ingénieurs, chefs de projet, développeurs, des métiers liés à la technologie du web sont disponibles dans le secteur offshore mauricien. En revanche, pour attirer davantage des techniciens, les sociétés mauriciennes proposent des cadres et des conditions de travail très avantageux.
Mais à chaque problème, comporte une solution. Si dans un premier temps les opérateurs ont importé leur main-d'œuvre de la Grande île, ils privilégient aujourd'hui l'option de délocaliser leurs activités dans la Grande île.
Madagascar est donc une plaque tournante, un nouveau carrefour pour les services informatiques. Comme c’est le cas de la Société d’archivage et du traitement d’information de Maurice Ltd (SATIM) qui a choisi de s’attaquer au marché malgache. Cette société mauricienne vient de fermer ses portes pour la simple raison que le coût de la main-d’œuvre à Maurice est très élevée, contrairement à Madagascar.
Lova Rafidiarisoa
Jeudi 09 fevrier 2012