Cinéma
Limby Maharavo disparait
Un regard visionnaire du cinéma malgache s’éteint (Photo Mamainirina Rado)
Intellectuel, artiste et amoureux de la vie, Limby Maharavo a été de ceux qui ont cru au cinéma malgache. Il vient d'écrire son générique de fin.
La mort d'un pionnier laisse toujours un vide, plus qu'on ne le pense. Le monde cinématographique national vient de perdre l'un de ses pères. Limby Maharavo a tiré la révérence à l'âge de 63 ans lors d'une partie de football, dimanche à Amparibe, où il jouait avec ses amis. Actif et généreux, ce diplômé en Master of art en cinématographique de l'institut des arts à Kiev en Ukraine, spécialité directeur de la photographie, fut de cette génération dorée du cinéma malgache. D'ailleurs son curriculum vitae rentre difficilement sur deux pages. « Son utlime rêve, c'est de voir un jour une école de cinéma à Madagascar », se souvient son fils Hariniaina Limby Maharavo.
Comme son compère, feu Solo Randrasana, ce passionné de cinéma français et russe, Sergueï Eisenstein en l'occurrence, voulait voir de leur vivant le réveil du cinéma malgache. Ceux qui ont été parmi ses élèves à l'université d'Antananarivo se souviendront toujours de cet homme regardant dans un silence bouleversant un film en noir et blanc de François Truffaut.
Son ami de toujours, Guy Rasamoelina, en parle avec une pointe d'amertume.
« Après avoir suivi des formations, nous avons été réduit finalement à la reconversion car faire des films ne pouvait pas faire vivre son homme à notre époque ».
Générosité et simplicité
Avoir pour contemporains, les Bênoit Ramampy, Guy Rasamy et Jean Claude Rahaga, tous des diplômés des métiers du cinéma ne suffisait donc pas. « Le titre de directeur de la photographie, il le mérite sur tous les points », ajoute Guy Rasamoelina. Cet ami de Limby Maharavo, a fait la même école que lui en Russie, avec la discrétion et la passion des professionnels en sus.
Ce qui se reflétait chez Limby Maharavo en tant qu'homme. « Je ne l'ai vu qu'une fois en colère dans ma vie », reconnaît son fils. Affable, souriant, gai, il ne laissait jamais reflété un quelconque signe d'abattement ou d'irritation.
Tout à fait normal si son ami Guy Rasamoelina parle de lui en utilisant la qualification de « frère ». Sa dépouille sera inhumée à Abovombe à Mitsanga Mahavorinta.
Maminirina Rado
Mardi 29 novembre 2011