L’année 2017 commence avec beaucoup de symboliques qui, très sûrement, seront la lueur de ce qui se passera au pays. On annonce 1 400 invités pour le banquet présidentiel à Iavoloha pour ce vendredi. Coïncidence, ajoutez-y trois zéros et vous aurez exactement le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire recensées dans le Sud de Madagascar. Selon les informations relayées par la FAO en date du 27 octobre 2016, la situation de détresse qui sévit dans le Sud du pays « fait craindre une grave crise alimentaire susceptible de persister jusqu’en 2017 ». Ce qui a éclaté durant l’année 2016 n’est en fait que les prémices d’une période de grandes difficultés pour cette zone et pour le pays tout entier. À en croire la FAO, les années de sécheresse, exacerbées par le phénomène El Niño, auront un impact à long terme.
1 400 000 personnes sont en danger permanent dont 850 000 personnes sont en situation de grave insécurité alimentaire. Cela signifie qu’ils ne seront pas en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires et devront compter sur une aide humanitaire d’urgence. Face à la situation extrême causée par la sècheresse, le prix des denrées, ou ce qu’il en reste, flambe alors que les moyens des familles s‘effritent. Elles réduisent leurs consommations, et sont contraintes de vendre leurs biens pour acheter ce qui pourrait assurer la survie. Mais durant combien de temps ?
L’IPC, cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, renforce que la situation continuera au-delà de mars 2017. Pour la période d’octobre à décembre 2016, trois districts (Tsihombe, Beloha, Amboasary Sud) ainsi que quatre communes dans le district de Taolagnaro (Ranopiso, Analapatsy, Andranobory, Ankariera) ont été classés en phase d’urgence, quatre autres districts (Betioky, Bekily, Ambovombe et Ampanihy), ainsi que la commune de Beheloka dans le district de Tuléar II sont en phase de crise. Tandis que les districts de Tsihombe et Beloha sont dans une situation particulièrement critique. Au total, 20% de la population des zones de constatation (soit environ 330.000 personnes) se trouvent en phase d’Urgence et 32% de la population (soit environ 515.000 personnes) sont classifiées en phase de crise.
La situation d’insécurité alimentaire entre dans sa phase maximale entre janvier et mars 2017. Les aides humanitaires ne se matérialisent pas. On n’a pas les moyens de venir en aide à ces gens-là. Mais en attendant qu’on puisse avoir les moyens pour venir au secours aux 1 400 000 enfants, femmes et hommes qui meurent de faim, souhaitons un très bon appétit aux 1 400 privilégiés qui seront invités au festin d’Iavoloha.
Alors disons qu’il n’y a pas que des pauvres et des affamés dans ce pays. On peut aussi bien nourrir des gens qui en ont déjà assez au point d’être en surpoids. Il suffit de jeter un coup d’œil aux corpulences des hauts dignitaires du régime pour en tirer des conclusions. Nous sommes aussi capables de bien nourrir des ambassadeurs et les membres du corps diplomatiques, qui par coutume se tairont devant une telle gabegie au nom de bonnes relations entre les pays.
Sot…mmation ! bon appétit, bonne année !

Par Mbolatiana Raveloarimisa