Retour vers la Francophonie et les dessous des cartes. Comme à la maison, une fois les invités repartis chez eux, on peut maintenant parler de tout et de rien sur ce qui s’est passé. Aujourd’hui, partageons alors les bonnes humeurs. Passons le fameux baiser inattendu de deux grandes personnalités lors de cette Francophonie et qui a fait rougir plus d’un. C’est assez difficile d’avoir la plume de Sylvain Ranjalahy pour vous faire sourire, ou tenir le crayon de ce sacré Pov qui vous fera rire en une simple image évocatrice. Mais essayons quand même !
À la Une d’un quotidien, un peu juste avant la Francophonie, un titre alléchant disant que les travailleurs du sexe auront pas mal de boulot durant les semaines à venir. Pouffée en pleine rue, devant ce parterre de journaux des petits kiosques, en imaginant les retombées écono­miques que l’auteur de cet article avait bien imaginé. Et les esprits se baladent de fil en aiguille en se disant que celui-là a vu vraiment loin. Mais un dimanche matin d’avant la Francophonie, en montant sur la route éternellement embouteillée d’Ambohibao, on se dit qu’il y a quelque chose de changé dans ce coin-là, mais quoi ? On se sent un peu vide, comme s’il faisait tout a coup froid. Il a fallu le parcours du retour vers Anta­nanarivo pour savoir qui était absent.
Nous qui étions si familiers avec cette belle damoiselle aux jupes si courtes et aux allures suggestives qui nous demandaient si gentiment de venir nous relaxer, sommes tout à coup confrontés à un panneau publicitaire vide.
Plus loin, il n’y a plus ce beau jeune homme éternellement en caleçon même en plein mois d’hiver. Sur ces quelques dizaines de mètres carrés, on ne pouvait que voir et revoir les atouts qu’il pensait mettre en avant pour ces dames qui veulent s’évader un peu de ce bouchon qui n’en finissait pas. Promesse, promesse : discrétion assurée et relaxation garantie. Quand on compte que sur la petite centaine de mètres allant d’Andranomena à Ambohibao on comptait, et on compte toujours, pas moins de dix panneaux publicitaires géants pour les massages en tous genres, le message à l’entrée de la ville des mille est plus que…libertin. Les affiches grands formats ont été enlevées, certaines mises derrière des tissus pour cacher les cuisses en trop sur cette voie vers le village de la Francophonie.
En continuant cette investigation un peu farfelue, on se rend compte, finalement, que ce sont les panneaux d’une seule enseigne de salon de massage qui ont été cachés. Et cela, pas seulement au niveau d’Ambohibao mais égale­ment au niveau d’Ankorondrano, ivandry où l’enseigne a des filiales. Une autre pouffée quand on se rend compte de la manière facile dont les responsables de l’évènement ont maquillé les indications vers les salons par l’utilisation des autocollants avec le logo du sommet de la Francophonie. Une fois le Sommet fini, renaissent comme par magie les massages éclipsés pour donner un semblant de message de bonnes mœurs.

Par Mbolatiana Raveloarimisa