Victime de l’épidémie de peste,
l’École peut faire partie des solu­tions dans la mesure où la scolarisation joue un rôle majeur dans le développement à long terme et la lutte contre la pauvreté.
Cela fait longtemps que la peste fait de nombreuses victimes chaque année à Madagascar. Elle est à l’origine de 80 décès par an en moyenne entre 2010 et 2015, selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
À cause de l’épidémie de peste, les autorités malgaches ont fermé de nombreux établis­sements scolaires, cette année. Cette situation a nécessairement de lourdes conséquences dans un pays où la situation du système éducatif est loin d’être excellente. Les statisti­ques du Ministère de l’Éducation Nationale mettent en évidence que la Grande Île a encore du mal à retenir les élèves à l’école. Le taux d’achèvement du primaire est en moyenne 65% entre les années scolaires 2002-2003 et 2012-2013. Le taux d’abandon au niveau primaire reste élevé, 16% en moyenne durant la même période. L’importance de l’abandon scolaire s’explique, en grande partie, par des problèmes financiers des parents et de mauvaises condi­tions de scolarisation des enfants (Rapport du Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs de la CONFEMEN (PASEC) en 2017). La crise sanitaire actuelle pourrait diminuer la performance du système éducatif malgache en dégradant, non seulement les conditions de travail des élèves, mais aussi la situation financière de certains parents.
Si l’épidémie de peste a un impact sur le système éducatif, ce dernier joue-t-il un rôle dans la lutte contre ce fléau
Il est possible d’éradiquer la peste à Madagascar et l’École peut constituer un outil efficace pour atteindre cet objectif. Une amélioration de la qualité du système éducatif devrait aider le pays à combattre la peste, et à assurer le développement socio-économique tant attendu par la population.
Au-delà de l’observation des évolutions des effectifs et des taux de réussite, une attention particulière doit être portée sur la qualité de l’éducation et le contenu des programmes. Il convient, par exemple, d’accroître l’importance de l’hygiène et de la santé dans les programmes scolaires. Cela devrait permettre d’améliorer la propreté des zones rurales et surtout urbaines, et d’augmenter ainsi le niveau de bien-être des habitants.
Il faudrait intervenir dès l’éducation primaire, voire préscolaire, pour changer significative­ment les mentalités et les comportements (individuels et collectifs) et améliorer le niveau de qualification de la main-d’œuvre. Grâce à son système éducatif, Madagascar peut lutter contre la peste et augmenter le niveau de vie de l’ensemble de sa population.

Andrianasy Angelo Djistera