La côte Ouest de Madagascar est jalonnée de ports qui deviennent des centres commerciaux d’importance variable.
Du Nord au Sud, il y a l’ile de Nosy Be et sa ville principale, Hellville, la région Boeny avec Mahajanga, le Melaky avec Maintirano et le Menabe (Bulletin du Comité de Madagascar, 1898). Cette dernière région s’étend au sud du Melaky jusqu’au fleuve Mangoky. Traversée par de grandes rivières (Manambolo, Tsiribihina, Andranomena, Morondava) qui arrosent les vastes pâturages où paissent de nombreux troupeaux, c’est l’une des plus riches contrées de la côte Ouest.
Les ports de Manambolo, Tsimanan­drafozana et Morondava exportent de la poudre d’or, de la cire, du caoutchouc, des bois des forêts voisines, où les essences précieuses ne sont pas rares. Les Indiens, seuls commerçants de la région, expédient leurs produits aux maisons allemandes de Nosy Be (la Maison Oswald et Cie et la Deutsch Ostrafrikanische Gesellschaft).
Entre le Mangoky et l’Onilahy (rivière de Saint-Augustin) s’étend le Fiherenana où l’on trouve des prairies, de riches forêts et des bois propres à la construction de goélettes. Les populations locales cultivent le maïs et le pois du Cap. La poudre d’or, le caoutchouc, la cire, les tortues terrestres et l’écaille sont aussi l’objet d’un trafic important. Autrefois, le littoral fournissait beaucoup d’orseille, lichen, tinctorial dont la récolte est plus tard presque abandonnée.
Toliara est le plus grand port de cette côte Sud-ouest où les navires trouvent, en tout temps, un bon mouillage. Au sud de la ville, la région entre l’Onilahy et le cap Sainte-Marie n’est encore guère connue à la fin du XIXe siècle. Les ports d’Itampolo, Langarano et Salara sont peu
fréquentés car peu sûrs. Des boutres de Nosy Ve viennent cependant y chercher du caoutchouc, des pois du Cap et des tortues.
Du cap Saint-André au cap Sainte-Marie, les importations consistent surtout en toiles, cotonnades, verroteries, rhum, poudres et ustensiles de ménage en fonte. La majeure partie de ces articles est d’origine allemande. Pourtant, le commerce de la côte Ouest était jadis exclusivement français. Ce n’est que vers 1870 que des entreprises anglaises, allemandes et américaines ainsi que de nombreux Indiens et Arabes s’établissent sur
certains points de la côte occupée par les Merina.
De l’autre côté de la Grande île, à l’extrême Nord, le port de Diego-Suarez est une escale importante  des paquebots de la compagnie des Messageries maritimes. Depuis le 1er octobre 1896, c’est le point de départ de la ligne annexe qui dessert le Mozambique, Beira, Lourenço-Marquez. Les vapeurs de la Compagnie havraise et quelques autres qui exportent des bœufs sur Maurice et La Réunion, touchent également Antsiranana. Et à l’époque de la mousson nord-est, plusieurs voiliers venant de Bombay viennent approvisionner les commerçants indiens d’Antsiranana et de Vohémar.
Le commerce dans ce dernier port est surtout axé sur l’exportation de bœufs vers Maurice et La Réunion également, service assuré par un petit vapeur appartenant à une compagnie française
de Marseille. De même, quelques boutres indiens abordent chaque année à Vohémar.
Le commerce de cette province est surtout d’échange. Il est presque entièrement détenu dans le Nord par les Indiens, dans le Sud par quelques Chinois. Plusieurs Créoles, mauriciens ou réunionnais, y exercent aussi en tant que détaillants, mais leur importance est moindre par rapport aux Asiatiques.
Ces derniers, en effet, n’hésitent jamais à s’aventurer très loin dans l’intérieur des terres, où ils apportent à dos d’hommes, les marchandises qui sont chères aux autochtones: cotonnades
communes à dessins variés et à couleurs voyantes, objets et ustensiles de cuisine en fonte, verrerie, verroterie, coutellerie commune, perles fausses, fil, aiguilles, etc. Ils échangent ces produits contre  du riz, de la gomme, de la cire d’abeilles, du caoutchouc, des peaux, du bois du raphia.
« La difficulté des moyens de transport constitue une véritable entrave à l’essor du commerce dans la province de Vohémar. Par mer, la circulation ne se fait toute l’année avec le Sud qu’à partir d’Angontsy. Du mois d’avril au mois de novembre, tout cabotage est interdit au nord de ce point à cause de la violence de la mousson sud-est. »
Pela Ravalitera