L’affaire Claudine a réveillé, tout d’un coup, la lutte contre la corruption. Même dans la justice, classée par les observateurs comme le secteur le plus corrompu de l’administration, des magistrats saisissent l’occasion pour se refaire une virginité. Pour la première fois depuis sa création, le Bianco a reçu des soutiens de la part du public. On assiste à un éveil, à un sursaut de mobilisation anti-corruption. Oui à l’indépendance du Bianco. Non à une justice sélective.
En effet, il ne faut pas faire de Claudine l’arbre qui cache la forêt, une sombre forêt de pratiques
illicites : détournements des fonds publics, achats des concours admi­nistratifs, marchés publics sur facturés attribués d’avance, exporta­tions clandestines de l’or, des bois de rose, des produits halieutiques,des zébus, enrichissements illicites. Claudine n’est qu’un maillon de ce vaste système de corruption. Cette petite femme de province n’est ni la seule ni la plus corrompue depuis ces trente dernières années. L’affaire Claudine nous interpelle sur la façon de lutter réellement contre la corrup­tion. La méthode deux poids deux mesures est-elle la meilleure façon de réussir cette lutte  Posons-nous la question, en souhaitant plein succès à la lutte anti-corruption.
Dieu a doté notre Grande Ile de richesses incroyables. Mais nous sommes devenus leurs propriétaires appauvris, tout en étant assis sur une mine d’or. Nous voilà devenus l’un des pays les plus pauvres du monde à cause de la corruption, du déficit de l’État de droit, des élections falsifiées. La priorité des priorités de rétablir l’État de droit devient une nécessité urgente devant la dimension que prennent la pauvreté, l’insécurité, les kidnap­pings, les vindictes populaires et cette affaire Claudine. Il nous faut aller à la refonda­tion de la République pour qu’elle ne devienne plus une Répu­blique de façade. Prenons-en cons­cience ensemble.

Par André Rasolo