Petite section, les parents sont appelés à l’école. Première convocation, la mère se posait très sûrement plein de questions. C’est dans ces moments qu’on s’aperçoit qu’il est bien vrai que quand un gamin est brillant et bien sage, il est l’enfant de son père, mais quand il
y a du grabuge, il est celui de sa mère. Aussi, seule, la mère s’est elle présentée devant la maitresse d’école.
Après quelques sermons, celle qui fait la loi dans la classe explique que l’enfant qui s’avère être parmi les meilleurs élèves de la section va redoubler car il la défie inlassablement. L’enfant qui a à peine cinq ans fait de la résistance et doit être puni pour lèse-majesté. La mère essaie d’expliquer mais Sa Majesté la maitresse semble convaincue qu’une année de plus sous son règne fera tomber la frondeuse.
De retour à la maison, la mère explique sûrement au père que l’enfant est brillant mais que la maîtresse n’arrive pas à le maitriser. Maitriser est bien le mot car elle se voit dépassée par un parc un mioche qui ne veut pas faire ce qu’elle dit et cela devant les autres bambins. Amour-propre bafoué, le résistant est de taille et a tenu tête durant toute une année scolaire. On explique alors à l’enfant le pourquoi de son redoublement, l’enfant retiendra deux phrases principales : les parents perdront des sous car il n’est pas sage à l’école et qu’il fallait capituler devant la maîtresse.
Mais la nature des choses reprend toujours le dessus, l’enfant refuse et refusera toujours de serrer ses pieds dans des chaussures quand il réfléchit. C’est pour cet affront qu’il doit redoubler. Oui, bizarrement, ou naturellement, l’enfant fait partie de ceux qui n’arrivent pas à réfléchir quand ses pieds sont à l’étroit. Ce qui fait qu’à chaque fois qu’on lui demande de se concentrer, il enlève naturellement ses chaussures et se balade pieds nus dans la classe. Mais la maîtresse le voit autrement. Un va nu pied qu’elle pense. Comme l’enfant vient d’une zone un peu paysanne, elle songe à imposer sa loi dans sa classe où tout le monde doit être bien correct « à la bonne sœur ». La deuxième année passe, mais l’enfant reste toujours le même. Redoublement réussi, de très bonnes notes, il n’y a aucune raison valable d’un triplement.
La résistance s’apprend chez les bonnes sœurs. L’enfant va toujours nu-pieds et apprend grâce à la maîtresse que l’injustice se combat d’une manière intelligente et non violente. Grâce à la maitresse, l’enfant a été biberonnée pendant deux longues années à l’opposition des injustices. Comme tout est question de temps, le plus grand combat est de tenir bon dans ce que nous pensons être juste.
Comme cet enfant, chacun de nous est invité à savoir faire parler ce que notre esprit nous dit : l’humain ne doit pas être réduit à ce que les autres pensent être injustement la loi. Que chacun retrouve l’enfant en soi.

Par Mbolatiana Raveloarimisa