Condamner à mort. La peine capitale. Il n’y a pas si longtemps, cette idée n’était pas aussi barbare que les journalistes et médias politiquement corrects veulent bien le faire accroire. Sachant, cependant, que cette «bulle» est largement européenne, il nous faut créer une «cellule psychologique» de remontée dans le temps.
Depuis mai 1945, quand, où, par qui, a été décidée cette générosité inédite ? Au sortir de la seconde guerre mondiale, les Juifs rescapés des chambres à gaz n’avaient en tête que de se venger des Mengele et consorts. Le tribunal de Nuremberg avait condamné des nazis à mort. Les Européens de l’Est, fortement encouragés par le nouveau parapluie soviétique, en profitèrent pour chasser les populations allemandes (post-Scriptum : un reflux dramatique, depuis «l’Oural» symbolique du général de Gaulle jusqu’à l’Oder-Neisse des marchandages germano-polonais, qui ouvre un autre débat à propos du «droit au retour», concernant les «Aussiedler», ces descendants des 100.000 Allemands qui, en 1763, ont répondu à l’appel de la Tsarina Catherine II, elle-même d’origine allemande, pour s’établir sur les bords de la Volga : Allemands en Russie d’avant la chute du Mur de Berlin, 1989, malheureusement Russes dans l’Allemagne des années 2000).
L’Europe a donc entamé son voyage pyscho-thérapeutique, dont on sait le départ, sans être jamais fixé sur l’arrivée. Le «plus jamais ça», Der Des Der, avait été décrété pour 14-18 avant que 39-45 vint nous rappeler à quel point de fragilité nous autres civilisations sommes mortelles, mais terriblement mortifères d’orgueil individuel. Finalement, cependant, ces épreuves-là, de génocide, de destruction, de barbarie, jamais, ici, à Madagascar, nous ne les avions vécues. Les soldats malgaches, engagés ou volontaires, n’avaient pas tant raconté pour créer un substrat de peur ou de colère, même d’empathie.
La question : pourquoi Madagascar devrait s’aligner sur les conséquences d’une cause qui ne l’a jamais concernée ? La magnanimité des uns procède d’une histoire qui ne regarde pas les autres. Si l’Europe devait culpabiliser pour le génocide des Juifs, pour le massacre des Amérindiens, pour l’esclavage des Africains, pourquoi Madagascar devrait en porter le fardeau moral ?
Le mécanisme de la reconnaissance comme PMA (oui, «pays moins avancés», c’en est financièrement une), avec son atteinte du point d’achèvement dûment contrôlée par Bretton-Woods, l’octroi des IDE (investissements depuis l’étranger), a certainement été décisif pour faire accepter aveuglément par l’Assemblée Nationale malgache (combien de députés ont honnêtement lu le texte ?) de l’abolition de la peine de mort.
Presque en post-scriptum : Kidnapping, viol, viol de sépulture, meurtre crapuleux, tortures, récidive, récidive… Une question à méditer : est-ce normal qu’un propriétaire de camion de 90 places, dont la visite technique avait tellement expiré qu’elle n’existait plus, puisse embarquer 140 personnes à son bord ; sans compter le fret sans nombre ; le constater perdre le contrôle de cet improbable engin, qui avait cessé d’appartenir à aucune catégorie nomenclature sérieuse des transports publics ; lui laisser faire mourir une trentaine d’enfants, de femmes, et d’hommes ; s’en tirer avec dix ans de prison et une amende ? Comme je le résumais, dans une précédente Chronique du 2 août 2017 : «il n’existe aucun autobus à double étage pouvant accueillir 100 sièges. La pasteur rescapée de l’accident affirme cependant qu’ils étaient 140 personnes à bord. Ce 1er août 2017, aucun gendarme ni policier n’aura remarqué le surbooking, entre Ampefy et Ankazobe, en quinze heures de route, sur deux routes nationales différentes»…

Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja