Février pointe déjà le bout de son nez. Quand les péripéties politiques se font aussi virulentes en ce début d’année électorale, la suite de 2018 s’annonce assez tendue. C’est sûr, on parlera beaucoup de politique, des hommes et femmes politiques, des coups bas politiques et malheureusement très peu du citoyen. Attendons-nous à ce que l’énoncé « par le peuple, pour le peuple » ne soit que simple citation pour faire passer un semblant de démocratie. Car au final et en vérité, toute cette agitation électorale ne devrait servir qu’un seul et unique objectif : le bien de la population malgache. On pourrait continuer à n’être que de simple spectateur de notre destin.
Non, non, non! Pas cette fois-ci. « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu », disait Bertolt Brecht. Il nous faut faire entendre nos voix, nos mots et nos maux. Interdisons-nous de sombrer dans une indifférence totale et laisser ainsi la place à ceux qui ont peut-être des moyens financiers pour essayer de nous acheter mais qui n’ont rien à proposer pour notre futur et notre pays. Notre vision de Madagascar, aujourd’hui et demain, ne doit pas se réduire aux seuls enjeux des élections. Car il y a tant d’autres choses à soutenir, à discuter.
Il y a 216 ans naissait un certain Victor Hugo qui a su dire d’une manière si splendide tout ce qu’un être humain devrait faire au moins une fois dans sa vie : « Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action ». Cette phrase dans Les Misérables prend tout son sens à l’heure actuelle où les réseaux sociaux annihilent de plus en plus l’action citoyenne. Au lieu d’agir dans la réalité, d’innombrables hommes et femmes s’engouffrent dans l’inaction d’un monde virtuel.
Plus d’actions philanthropiques de chacun de nous seraient un pas en plus pour l’humanité après tant de recul. Les grandes luttes pour les droits humains, pour les droits des femmes, des travailleurs, des enfants ont été faites au temps où toute cette technologie, cette proximité digitale n’existait pas encore. Il semble que depuis le siècle des Lumières, nous avons reculé de quelques années lumières dans le courage, dans l’engagement, dans le respect des uns et des autres.
« Vous aurez dans l’avenir l’auréole auguste de la femme qui a protégé la Femme. Votre admirable œuvre tout entière est un combat; et ce qui est combat dans le présent est victoire dans l’avenir », Victor Hugo, Actes et Paroles (1875-1876). De beaucoup de choses, nous n’avons pas pu protéger nos mères. À notre tour de nous engager pour nos filles. Alors, agissons pour donner, leur donner le choix de la vie qu’elles souhaitent avoir, des rêves qu’elles veulent accomplir.

Par Mbolatiana Raveloarimisa