La quinzième Conférence mondiale des Grandes Loges Régulières se tiendra à Madagascar, du 24 au 27 mai 2017. La conférence étudiera particulièrement le thème des «Valeurs Maçonniques pour le Développement Humain dans l’Équité et la Durabilité». Antananarivo reçoit cette conférence maçonnique après les villes de Mexico, Lisbonne, New York, Sao Paolo, Madrid, New Delhi, Santiago, Paris, Washington, Libreville, Carthagène, Chennai, Bucarest et San Francisco. Lors de la précédente conférence mondiale de San Francisco (du 18 au 21 novembre 2015), on avait noté la présence de la «Grande Loge d’Iran en exil», qui porte justement ce nom «en exil» parce qu’elle est interdite dans l’Iran des ayatollahs. Pourtant, les thèmes examinés pendant la conférence, d’ailleurs placée sous la philosophie générale de «la Croyance en Dieu – en un principe fondateur propre à la religion de chacun», n’avaient rien d’inquiétant : «Les Maçons et le chemin vers la liberté», «Bienveillance universelle», «La charité des Maçons modernes», «Tolérance dans la Maçonnerie contemporaine». Les 26 et 27 mai 2017, la Bibliothèque Nationale de France (Paris) accueillera la deuxième conférence mondiale, «Fraternalisme-Franc-Maçonnerie et Histoire» sans que cela soulève délires mensongers et fantasmes diffamatoires.
Nous sommes en 2017. L’homme a déjà marché sur la Lune. Le Russe Youri Gagarine, l’Américain Neil Armstrong ou le Français Thomas Pesquet, qui est dans l’espace depuis le 19 novembre 2016, ont pu admirer l’immensité de la galaxie où baigne notre belle Terre. La curiosité, le savoir, l’intelligence, au service de la science, ont permis cette aventure dans l’espace de notre Humanité. Bizarrement, parmi la multiplication des livres en ligne ou l’offre de Google, il se trouve toujours des gens enclins à plutôt chercher le faux que le vrai, à se passionner pour la diffamation plutôt que la réalité des faits, à imaginer tout et surtout n’importe quoi plutôt que de se renseigner auprès des personnes qu’ils mettent à l’index.
Un prêtre catholique, Pascal Vesin, curé de la Paroisse Sainte-Anne d’Arly-Montjoie de Megève, en Haute-Savoie (France), avait été démis de ses fonctions le 23 mai 2013, pour «incompatibilité de la double appartenance à l’Église et à la Franc-Maconnerie». Ce que l’Église lui reproche est résumée dans une lettre de l’évêque d’Annecy : «Le relativisme est au fondement même de la Franc-Maçonnerie. C’est le noeud même de l’incompatibilité, en raison des conséquences sur le contenu de la foi, l’acte de foi lui-même, l’agir moral et l’appartenance à l’Église Corps du Christ (…) On demande à un franc-maçon d’être un homme libre, qui ne connaît aucune soumission à un dogme (…) Ainsi le maçon soutient-il le primat et l’autonomie de la raison par rapport à toute vérité révélée (…) La Franc-Maçonnerie conteste ainsi toute autorité morale et doctrinale, misant sur l’autonomie individuelle, écartant les arguments d’autorité, et exigeant une absolue liberté de conscience».
Auteur du livre, «Être Frère, Rester Père» (éditions Presses de la Renaissance), le Prêtre Franc-Maçon répond : «Je n’ai pas envie de quitter la Franc-Maçonnerie, comme je n’ai pas envie de quitter l’Eglise. Je ne choisis pas la Franc-Maçonnerie contre l’Eglise, je choisis de garder ma liberté de penser. Je suis exclu sur un malentendu, par une autorité romaine qui ne connait pas la maçonnerie et qui a refusé de me recevoir et d’entrer en dialogue. Contrairement à ce qu’affirme le communiqué de l’évêché, on ne m’a jamais demandé de renier les dogmes chrétiens ou ma foi : la totale liberté est laissée à chacun de ses membres de croire ou de ne pas croire (…) Au moment où une montée de l’obscurantisme, des intégrismes et des fanatismes est indéniable, je pense que l’Eglise devrait être plus ouverte au dialogue (…) Je n’ai pas choisi la Franc-Maçonnerie contre l’Eglise. Je choisis de garder ma liberté de penser et de pensée. Un choix où la liberté individuelle, la conscience et la foi se nourrissent sans s’annuler. Nous défendons tous les valeurs de l’Évangile, humanistes : la liberté, la vérité, la justice».

Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja