Plus de dix jours après la mise sous mandat de dépôt de Claudine Razaimamonjy. En dix jours, on assiste à un Saga de grandeur nature digne d’un film de Bollywood. On se croirait également dans les séries «  Les  feux de l’amour » ou « Dallas ». On ne sait plus qui est quoi, la fille de qui, la femme de qui, la maitresse de qui. Un tel est en fait le père d’un tel qui a tué un tel qui n’était pourtant autre que son propre fils, d’une femme dont il ne savait même pas la grossesse. Et la télé réalité continue et continuera de plus belle. Ou du moins, on l’espère.

Concernant le metteur en scène principal, qui n’est autre que le BIANCO, on n’entend plus vraiment parler de lui. Mis à part que les bailleurs de fonds ont donné des appuis en matériel comme pour montrer qu’ils sont derrière lui. Mais n’aurait-il pas été plus efficace de l’aider autrement si le but est vraiment de le soutenir ? N’aurait-il pas été plus propice de demander une extradition et un mandat d’arrêt international ?

Concernant la BIANCO, l’opinion publique est une arme à double tranchant. Pour la toute première fois depuis sa création, le « Bureau indépendant anticorruption » n’a jamais eu autant d’élan de sympathie et de soutien de la part du citoyen lambda. Chacun s’attendait, par logique, que l’affaire de la dame d’Iavoloha soit le point de départ d’une trainée de poudre qui allait faire exploser tous les truands, petits et grands, dans un système miné par la corruption de haut niveau.

Les jours passent et l’on se sent trahi car le baril de poudre semble être un…petit pétard mouillé.

En effet, pourquoi le BIANCO ne saisit pas tous ceux qui sont dans le même pétrin que Claudine ? Si ce n’est pas de son ressort d’auditionner ceux qui sont à l’origine de son évasion, pourquoi n’enclenche-t-il l’effet de dominos qui devrait logiquement suivre cette affaire. Et puis, l’on sait que le sénateur Riana Andriamandavy VII, élu à Fianarantsoa et beau-frère de Claudine Razaimamonjy est de retour au pays. Il n’est point inquiété et pourtant  il est le seul à savoir où elle se trouve. A moins que ce ne soit  une énigme que  pour le seul citoyen ?

Les collines d’Ambohitsorohitra, d’Iavoloha, restent silencieux. Le Président et son entourage ne pipent mot. Il y a bien eu cette sortie publique d’Andrefan’Ambohijanahary mais le chef de l’État a préféré parler d’autre chose. Il a eu le temps de remplacer certains de ses collaborateurs mais pas ceux qui semblaient mêlés à l’affaire Claudine Razaimamonjy.

Cette affaire qui tend de plus en plus à aller rejoindre la longue liste des oubliettes, le  « sans doute » (pas de doute) est passé au « sans doute » (peut-être) et finalement « cent doutes » concernant les vraies motivations du BIANCO et des instances responsables d’un Etat de droit.

Par Mbolatiana Raveloarimisa