Enfin une bonne nouvelle. Ahmad élu à la tête de la Confédération africaine de football avec une victoire à plate couture aux dépens de Issa Hayatou que l’on croyait indéboulonnable, cela doit constituer une fierté nationale quelles que soient les animosités que l’on ait pu avoir contre le désormais ancien président de la Fédération malgache de football. C’est la toute première fois qu’un malgache se fait élire a la tête d’une institution africaine, tous domaines confondus. Comme les bonnes nouvelles se font rares ces derniers temps, pourquoi faire la fine bouche et bouder notre plaisir alors que la plupart des pays africains jubilent. Mieux, ils ont littéralement porté en triomphe Ahmad, à l’ image d’un entraîneur dont l’équipe venait d’être sacrée championne du monde. Eh oui, le parcours du kid de Tambohorano a montré qu’il n’est pas un looser et il a réussi là où les équipes malgaches ont souvent échoué. Des défaites qu’on impute à Ahmad alors que de tous les présidents de la FMF depuis 1962, il est celui qui a fait le plus, en termes d’infrastructures, de formations et de compétitions. Si avec quatre stades avec surface synthétique, des entraîneurs étrangers, un recours massif aux joueurs expatriés, des formations permanentes pour les techniciens et les arbitres, le résultat ne suit pas, il faut voir d’autres paramètres au lieu de simplifier les causes en incriminant une seule personne : la première à rêver d’une qualification à la CAN ou au Mondial et qui a consacré 40 ans de sa vie au service du foot. Hélas, la volonté et la passion ne suffisent pas pour pouvoir rivaliser avec les grandes nations africaines où le foot est affaire
d’État alors que la FMF n’a jamais bénéficié d’un sou vaillant de l’État.
L’élection d’Ahmad à la tête de la CAF servira a coup sûr le football malgache, d’une manière ou d’une autre. Il saura user de son pouvoir et de son influence pour aider le foot malgache qu’il porte dans son esprit et dans son cœur. En tout cas, il essaiera de réaliser ce qu’il n’a pas pu concrétiser à la FMF.
Mais il n’y aura pas de magie ni de miracle. S’il suffisait du changement d’un seul homme pour que les performances s’améliorent, le pays n’en serait pas là aujourd’hui. Combien de Premiers ministres et de ministres a-t-on utilisés depuis trois ans sans que les choses changent ?
Les Barea gagneront leur prochain match contre le Sao Tomé Principe et se qualifieront peut-être pour la CAN 2019 car Ahmad n’est plus Président de la FMF, ce n’est pas aussi simple. De même, l’Afrique sera championne du monde en 2018 puisque Issa Hayatou n’est plus Président de la CAF. L’histoire sera seul juge.
En tout cas, à défaut de pouvoir se qualifier pour la CAN,  on peut se vanter d’avoir le Président de la CAF. C’est un honneur réservé à un cercle très restreint de pays dont l’Éthiopie et le Cameroun. Ahmad a tracé la voie à d’autres dirigeants sportifs ou politiques. Sa victoire a été plus ou moins inattendue mais il y a cru, s’appuyant sur une diplomatie efficace et soutenue, ainsi que sur un lobby très puissant. Il a montré que les qualités d’un Malgache peuvent faire l’unanimité au niveau international, que Madagascar n’a pas été jugé sur les résultats sportifs de ses équipes mais à travers la personnalité de son représentant. Pour détrôner un vieux bison incrusté au pouvoir depuis trente ans, il faut le faire.
Et Ahmad l’a fait, avec la manière en prime.

Par Sylvain Ranjalahy