Les droits d’inscription en première année varient de 50 000 ariary à 200 000 ariary dans les universités publiques, faute de subvention.`
La gratuité de l’enseignement public reste un mythe. Les universités publiques sont désormais destinées aux étudiants qui ont les moyens financiers. À cette rentrée académique, les droits d’inscription en première année varient de
50 000 ariary à 200 000 ariary dans toutes les universités publiques du pays. C’est ce qu’a déclaré le secrétaire général du ministère de l’Ensei­gnement supérieur et de la recherche scientifique (Mesupres), Horace Gatien, hier. À l’entendre, la filière médecine qu’il considère comme étant une filière
« noble » serait la plus chère. « À Antsiranana et Toliara, le droit d’inscription en première année de la filière médecine atteint 200 000 ariary. À Barikadimy Toamasina et Fianarantsoa, il est de 150 000 ariary alors qu’à Antananarivo, qui est le moins cher,  à 50 000 ariary », avance t-il. Ce sont les membres du conseil d’administration de chacune des universités qui auraient décidé de ces niveaux de droit d’inscription et d’en informer le ministère. Pour les autres filières, entre autres, le droit, l’économie, la gestion, les lettres,…le droit  varie de 50 000 ariary à 80 000 ariary, alors qu’auparavant il était à
25 000 ariary. Ce coût est de plus en plus élevé selon le cycle de l’étudiant.
Moyens propres
La faible subvention de l’État, souvent camouflée par les présidences des universités est révélée par le ministère de tutelle, pour justifier cette hausse de droit d’inscription. « Outre l’attractivité de la filière, la faible subvention de l’État amène les universités à fonctionner par leur propres moyens. Certains départements qui manquent d’enseignants, ils embauchent des vacataires par leurs propres moyens, à cause de l’inexistence de poste budgétaire », enchaîne le secrétaire général. Lors d’un entretien le 20 janvier, le doyen de la faculté des lettres et sciences humaines (FLSH), Richard Ranarivony  avait évoqué également le basculement vers le système LMD (Licence-Master-Doctorat) qui nécessite un investissement. « Le droit d’inscription va augmenter cette année parce que d’une part,  le basculement vers le système LMD exige la mise en place d’infrastructures et l’accès au système Internet, d’autre part, depuis 2010, on ne reçoit qu’environ la moitié de notre subvention totale », avait-il expliqué. Pour les parents « modestes » ayant trois enfants qui vont tous à la fac, c’est « à prendre » ou
« à laisser ».
Michella Raharisoa