À l’occasion des soixante dix ans de la Combi, nous sommes allés à la rencontre d’un grand passionné du van allemand. Un vététiste qui vient juste de terminer la rénovation d’une Combi T2.

 De nombreux modèles de Volkswagen font l’objet d’un véritable culte mondial, entre autres la Coccinelle, la Golf et, bien évidemment, la Combi. On en a vu de toutes les couleurs lors du meeting organisé par Madacox, dimanche à Andohatapenaka. Et nous nous sommes attardés sur les Combi. Depuis son lancement en 1947, le « family van » a rencontré un succès retentissant. Il fête donc ses soixante dix ans cette année.

Parmi les machines présentes à ce meeting, l’historique de celle de Thierry Ramilison nous a touchés. Personnage aux nombreuses casquettes, pilote de motocross membre de Iarivo Moto Club, vététiste adepte des longs « cross country » et inconditionnel de la marque Volkswagen, il vient de boucler la rénovation de la dernière Combi en sa possession. Nous avons eu le plaisir de rouler à son bord pendant quelques instants. Un pur moment de jouissance mécanique consommé sans modération, mis à profit par Thierry pour nous raconter les étapes de son projet, entamé il y a deux ans.

: La calandre a été modifiée pour accueillir le nouveau radiateur.

La calandre a été modifiée pour accueillir le nouveau radiateur.

« J’ai trouvé cette Combi chez un voisin à Itaosy. J’étais à la recherche d’une base depuis longtemps et je suis tombé sur celle-ci complètement par hasard. J’ai discuté avec le propriétaire et il me l’a cédée. Elle n’avait plus roulé depuis plusieurs années, mais les équipements étaient néanmoins complets et encore en bon état », se remémore-t-il.

La rénovation a réellement débutée en janvier 2016. « Une fois la voiture chez moi, dans ma cour, j’ai tout d’abord fait appel à un tôlier. Il s’est occupé du retapage et de la peinture, jusqu’au mois d’avril. Par la suite, j’ai installé un moteur issu d’une Golf, un diesel 1,6L GTD. Un choix bien réfléchi vu la faible consommation de ce bloc, mais aussi par rapport à la disponibilité des pièces détachées », poursuit Thierry. À l’avant de sa Combi, on remarque immédiatement des grilles modifiées sur la calandre. Un changement nécessaire afin d’accueillir le nouveau radiateur.

Jantes Mercedes

Au niveau esthétique, le mariage des couleurs rouge et blanche est très réussi. Le style bi-tons lui va si bien. Et les belles jantes en alliage de dix-sept pouces lui apportent une touche un peu sexy, des jantes piquées sur une Mercedes. En parlant de la liaison au sol, les trains roulants ont fait l’objet d’une révision complète.

Thierry voue une bonne partie de son temps libre à la pratique du VTT. Et la Combi convient bien à cette passion. « J’apprécie aussi la Combi pour son côté pratique, avec son intérieur spacieux. On peut facilement emmener nos vélos. J’y ai également installé une table pliable pour les pique-niques, ainsi qu’un matelas. La rénovation est pratiquement bouclée. Il me reste à faire la sellerie et le capitonnage des portières et du plafonnier », conclut-il.

Une question revient souvent quand on parle des voitures anciennes : « Où peut-on encore trouver des pièces détachées pour ces machines vieilles de plusieurs dizaines d’années ? » Et bien, il est possible d’en dénicher auprès des brocanteurs et des revendeurs de pièces d’occasion. Une autre alternative consiste aussi à en importer, comme ce fut le cas pour le joint de pare-brise de la Combi de Thierry Ramilison. Une solution plus coûteuse cependant, choisie en dernier recours la plupart du temps. Mais comme on dit souvent, quand on aime on ne compte pas.

La Combi dispose d’un intérieur bien spacieux.

La Combi dispose d’un intérieur bien spacieux.

THIERRY RAMILISON – « Avec la Combi, on peut facilement embarquer nos vélos »

. D’où est venue votre passion pour la Combi ?

Depuis toujours, j’apprécie les voitures « vintage ». Avant, je roulais sur une Volkswagen Coccinelle, puis je suis passé à la Combi. On a le côté pratique avec l’intérieur spacieux de la Combi. Avec ma famille, on peut facilement emmener les vélos et autres pour un pique-nique par exemple, sachant que j’ai trois enfants. Sans oublier que c’est une machine bien robuste.

. Combien en possédez-vous ?

J’en avais déjà deux avant. Une première sur laquelle on retirait les pièces détachées et une seconde avec laquelle je roulais. Cependant, j’ai préféré m’en séparer, en raison de la consommation moyenne conséquente de son moteur essence. Celle que j’ai aujourd’hui est équipée d’un moteur diesel, bien plus économique.

Thierry en est à sa troisième Combi aujourd’hui.

Thierry en est à sa troisième Combi aujourd’hui.

Soixante dix ans de succès

La Combi a été lancée par Volkswagen en 1947. Rapidement, le « family van » a rencontré le succès. Pouvant être équipé d’un toit escamotable, d’une cuisine avec un réchaud à gaz, d’un réfrigérateur et d’un petit évier alimenté en eau, à l’arrière d’une banquette convertible en lit, il est un précurseur des camping-cars. Sa notoriété s’est d’autant plus décuplée quand il a été associé à l’époque hippie. Le mot « Combi » vient de l’abréviation de l’allemand « Kombinationenwagen », que l’on peut traduire par « multi usage ». Comme la plupart des modèles historiques dans son genre, la Combi compte des apparitions remarquées au cinéma. La plus mémorable remonte à 1985, dans le premier opus de la saga Retour vers le futur.

Textes et photos : Haja Lucas Rakotondrazaka