Nous avons plongé dans l’univers du team Mass’In, à l’occasion du premier Grand Prix de la saison, à Imerintsiatosika. Description d’un weekend de course au sein d’une écurie.

Le championnat de Madagascar de karting rotax a débuté, dimanche dernier, avec le premier Grand Prix sur le circuit Total Karting Madagascar d’Imerintsiatosika. À cette occasion, nous avons suivi le weekend de course d’une écurie, à savoir le team Mass’In. Comme c’est le cas en Formule 1, ou en Moto GP, une écurie est composée de plusieurs personnes aux rôles différents mais aussi importants les uns que les autres. Pour le team Mass’In, les fonctions de team manager et de responsable logistique sont assurées par des dames.
« La responsable logistique s’occupe de tout ce qui est consommable et de la vie dans le paddock. L’on compte deux mécaniciens. Pour les pilotes, il y en a six. En catégorie Élite, Tsilavo et John rouleront sur des Sodikart Sigma RS 2017. Tandis qu’Eric et Meja seront au volant de Sodikart Sigma S3 2016. En catégorie Espoir, Lion et Randy seront respectivement aux commandes d’un Alpha et d’un Sodikart », explique un membre de l’écurie.
Pour le samedi, la préparation d’une course débute par une inspection du kart, des pneus, des freins, de l’alimentation, de l’allumage, de la transmission, ainsi que de la direction. Il s’agit d’une mesure de sécurité indispensable. Contrairement aux autres disciplines, le pilote s’occupe habituellement lui-même de sa machine en karting rotax, du gonflage des pneus, de la vérification du niveau de carburant et du liquide de refroidissement et autres…

Un des pilotes du team Mass'In, lors du Grand Prix de dimanche dernier.

Un des pilotes du team Mass’In, lors du Grand Prix de dimanche dernier.

Préparation physique
Ce n’est qu’après qu’il passe aux sessions de roulage, afin d’analyser les performances du kart et de chercher les bons réglages sur divers éléments. Au niveau du poids, il est possible de modifier le centre de gravité de la machine. Au niveau de l’alignement, on peut modifier la largeur de voie, la hauteur de caisse, le parallélisme, la chasse ou encore le carrossage.
« Il est nécessaire de croiser l’analyse de comportement du kart avec l’analyse des pneumatiques. Sans oublier le suivi des chronos », souligne un des pilotes du team Mass’In.
Une fois les sessions de roulage bouclées et le kart au point, la journée du samedi prend fin. Le gros du travail est terminé durant ces essais. Pour le dimanche, c’est aux pilotes de donner le meilleur d’eux-mêmes sur la piste. En ce qui concerne leur préparation physique, il est indispensable d’avoir une hygiène de vie impeccable. La pratique du karting exige une condition physique optimale, afin de tenir la distance, sachant qu’un dimanche de course en catégorie Élite, par exemple compte une séance d’essais libres, une d’essai chrono, une première manche de six tours, une pré-finale de dix tours ainsi qu’une finale de quatorze tours.

Le tableau de bord électronique affiche diverses informations.

Le tableau de bord électronique affiche diverses informations.

La télémétrie, un outil d’analyse de pointe

Le team Mass’In est la première écurie à utiliser la télémétrie, à Madagascar. Il s’agit d’un outil d’analyse des facteurs de performance, outil que l’on utilise dans les paddocks du monde entier, en sport automobile de haut niveau. Sur le kart, l’on retrouve un tableau de bord multifonctions, comprenant un micro-ordinateur, installé sur le volant. Celui-ci dispose d’un capteur de chrono basé sur GPS. D’autres capteurs sont placés de part et d’autre de la machine, afin de mesurer les tours moteur, la vitesse, la température ou encore la rotation des roues. Les données sont transmises à un ordinateur. Par exemple, l’on peut analyser la trajectoire, l’accélération, le freinage et autres paramètres… Et ainsi, il est possible de corriger les différents facteurs dans le but d’améliorer les performances.

Objectif : le championnat et le Trophée International

John Andry-Ratoby, considéré comme le meilleur pilote du team Mass’In, avait remporté à deux reprises le Trophée International, en 2015 et 2016. L’écurie se fixe ainsi comme objectif de garder ce titre, cette année. À côté, elle vise également la couronne de champion national et tentera également de placer un autre pilote sur le podium. Rappelons que le team Mass’In compte six pilotes engagés en championnat de Madagascar, quatre en catégorie Élite et deux chez les Espoirs.

Textes et photos : Haja Lucas Rakotondrazaka