La nouvelle moto KTM Duke 390 a débarqué à Madagascar au mois de juillet. Cette Katoche a gagné en couple, tout en gardant sa légèreté et son agilité dans les portions sinueuses.

On l’attendait depuis plusieurs mois, elle est enfin là. La nouvelle KTM Duke 390, lancée en grandes pompes en Italie en début d’année, a débarqué dans la Grande île en juillet. Nous avons eu l’honneur de l’essayer chez Madauto, le concessionnaire de la marque autrichienne, dans la foulée. Et le premier constat est sans appel. Ce millésime 2017 est encore plus méchant que l’ancien modèle.
Taillé à la serpe, son design est grandement inspiré de celui de la SuperDuke 1290, le vaisseau mère de la gamme, avec un phare à LED ultra-agressif, les flancs de réservoir plus pointus, ou encore le carénage arrière qui laisse paraître le superbe cadre en treillis tubulaire. Oui, KTM reste fidèle à sa philosophie avec ce genre de châssis. Rien de plus surprenant, tant ses
bienfaits sont nombreux, notamment au niveau du poids. Avec 149 kg à sec, on évolue clairement dans la catégorie poids plume. Et bien évidemment, ce cadre offre toujours une maniabilité incroyable, d’où le sobriquet « the corner rocket » attribué à la 390, tellement elle est agile dans les virages. Les autres éléments de la partie-cycle y sont aussi pour quelque chose, notamment la fourche
inversée de 43 mm et le mono-amortisseur, signés WP, d’une rigidité parfaite. Les prises d’angle deviennent un jeu d’enfant avec cette Katoche, grâce notamment à la précision chirurgicale du train avant.
Au niveau moteur, la Duke 390 a évolué. KTM s’est adapté à la norme Euro 4, d’où l’augmentation du poids total de la machine (Ndlr : l’ancien modèle pesait 139 kg). En parallèle, le monocylindre 373 cc de 44 chevaux a gagné en couple, soit 37 Nm désormais. Et ce gain se ressent à chaque accélération. D’un autre côté, la vitesse de pointe avoisine les 170 kmh. Déjà, la précédente génération impressionnait dans ce domaine. Mais là, la Katoche a encore plus de punch.

KTM collabore de près avec WP et ByBre,  pour la fourche et les freins.

KTM collabore de près avec WP et ByBre, pour la fourche et les freins.

Poignée de gaz électronique
D’autant plus que la poignée de gaz électronique « Ride by Wire », autre option héritée de la SuperDuke, permet une gestion optimale des accélérations, avec une réponse plus précise à chaque sollicitation par rapport à une poignée traditionnelle à câble.
Durant notre essai, nous nous sommes vraiment amusés au guidon de la Duke. Autant avec sa maniabilité qu’avec le couple délivré par son moteur. Elle est très joueuse et les grosses cylindrées qui veulent s’y frotter l’apprendront à leurs dépens. Son terrain de jeu, ce sont les routes sinueuses, comme la portion Ambatofotsy-Ambatolampy sur la RN7, par exemple, sur lesquelles elle serait imbattable.
Concernant la position de conduite, les bras retombent naturellement sur le guidon. Aucun souci à se faire à ce sujet. De plus, la selle, moins dure qu’auparavant, et le mono-amortisseur arrière, traitent bien le pilote. Comme d’habitude pour la gamme Duke, les cale-pieds sont placés un peu plus en arrière. Certains pourraient trouver ça fatiguant, avec des jambes plus fléchis que normalement. C’est d’ailleurs le seul point qui pourrait laisser perplexe quelques-uns sur cette machine. Néanmoins, ce n’est qu’une question d’habitude.
Le freinage est toujours assuré par ByBre (Ndlr : By Brembo, une filiale de la marque Brembo). Un étrier à quatre pistons à montage radial, qui pince un disque de 320 mm à l’avant. Et un étrier à simple piston à montage axial, qui pince un disque de 230 mm à l’arrière. Au passage, on a apprécié le nouveau levier de frein avant réglable, tout comme le levier d’embrayage. Le système est équipé d’un ABS Bosch. Un ABS déconnectable à l’arrière, à l’intention de ceux qui veulent s’amuser un peu plus en conduite supermotard. Comme quoi, tout est fait pour avoir du fun sur cette Duke.

Le nouvel écran TFT offre une technologie embarquée de pointe.

Le nouvel écran TFT offre une technologie embarquée de pointe.

Un nouvel écran TFT avec connexion Bluetooth

Énorme. C’est le qualificatif parfait pour décrire le nouvel écran électronique TFT en couleurs de la Duke 390, muni d’un ordinateur de bord. Il s’apparente à une tablette électronique, avec des fonctionnalités supplémentaires qui laissent bouche bée. On a toujours les habituels affichages : compte-tours, compteur kilométrique, rapport engagé, vitesse moyenne, jauge d’essence, consommation moyenne, température moteur, charge de la batterie, durée du trajet etc. À cela s’ajoute le choix des différentes cartographies moteurs selon les modes de conduite, Road ou Supermotard. La navigation se fait par l’intermédiaire des quatre boutons du commodo de gauche. Sans oublier la nouveauté « KTM My Ride », qui permet de connecter son smartphone à la moto via le Bluetooth, afin de gérer les appels et le lecteur audio.

L'on retrouve aussi  des feux à LED à l'arrière

L’on retrouve aussi des feux à LED à l’arrière

Témoin de béquille latérale

Tous les motards ont, au moins une fois, oublié de rentrer la béquille latérale avant de prendre la route. Et en cas de prise d’angle sur le côté gauche, une béquille non remontée peut causer une chute. Sur les Duke, KTM a installé un système astucieux pour y remédier. L’écran de l’ordinateur de bord affiche ainsi un témoin « Side stand down », au cas où l’on oublie de remonter la béquille. Et si jamais, on essaye de rentrer le premier rapport alors que ce témoin est encore allumé, le moteur s’éteint automatiquement.

L'ABS du frein arrière est déconnectable en mode Supermotard.

L’ABS du frein arrière est déconnectable en mode Supermotard.

Un tarif plus élitiste

La première génération de la Duke 390, dont la production a été arrêtée en 2016, était accessible à hauteur de 22 millions d’ariary. La nouvelle version est proposée à 24 millions ariary, soit une augmentation de deux millions. Un tarif plus élitiste. Cependant, c’est toujours moins cher que ses principales rivales, dans la catégorie des roadsters de moyenne cylindrée.

Le phare à LED lance un regard dévastateur

L’autre principale nouveauté sur la nouvelle génération de la Duke 390 est le phare à LED ultra-agressif. Un élément emprunté également à la SuperDuke. Il offre bien évidemment un meilleur éclairage. Il est composé de trois niveaux et comprend également une séparation en plastique noir au milieu. Un véritable trait de caractère de cette nouvelle version, devant lequel on ne peut pas rester indifférent. Soit on aime, soit on n’aime pas.

La Duke 390 dispose d'un nouveau pot d'échappement.

La Duke 390 dispose d’un nouveau pot d’échappement.

Le pot d’échappement change de look

Sur l’ancienne version de la Duke 390, la sonorité du pot d’échappement, de type « underbelly », n’était pas terrible, avouons-le. Le passage à la norme Euro 4 a entrainé le constructeur autrichien à opter pour un nouveau pot plus traditionnel, maintenu par le support du cale-pied passager à droite. Le son émis par celui-ci est bien meilleur. Plus rauque, il se rapproche de la sonorité d’un pot kit du genre Akrapovich ou Leovince. Un détail qui nous a logiquement ravi.

Textes et photos : Haja Lucas Rakotondrazaka