Utiliser des lampes à basse consommation d’énergie, comme les lampes fluo compactes (LFC) ou les lampes à diodes électroluminescentes (LED), permet de réduire la facture d’électricité au niveau du consommateur, évite de gaspiller l’électricité déjà insuffisante distribuée par la Jirama, et participe aux efforts d’atténuation du changement climatique.

xLes besoins en énergie électrique ne cessent de croître, la fourniture d’électricité est insuffisante et les coûts sont élevés, le pouvoir d’achat des consommateurs s’amenuise, et le changement climatique, en grande partie dû au recours aux produits pétroliers et ses dérivés, impacte de plus en plus le développement socioéconomique. Il s’avère ainsi vital de produire et d’utiliser de manière intelligente l’électricité pour éviter le gaspillage et réduire la pollution. Adopter l’efficacité énergétique est urgent dans une situation de crise énergétique, tout en ayant des effets positifs durables sur le développement.
Maîtriser l’utilisation de l’électricité fait partie des mesures d’efficacité énergétique incontournables si l’on vise l’accès à l’énergie durable pour tous. Selon Enlighten, une initiative du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’éclairage représente environ 15% de la consommation mondiale d’électricité et contribue pour 5% à des émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique. Et s’il est difficile de se passer de la lumière d’une lampe électrique qui est la plus importante utilisation d’électricité chez les ménages à faibles revenus, il est possible d’être économe dans l’usage de cet éclairage artificiel, tout en préservant un confort acceptable.
L’État a récemment adopté la Nouvelle politique de l’énergie (NPE) pour Madagascar, qui fixe des objectifs ambitieux pour 2030. L’efficacité énergétique figure parmi les orientations-clés de cette politique qui vise, notamment, « … l’adoption de mesures abordables en matière d’efficacité électrique et thermique par 60% des ménages, des industries, et des commerces, à l’horizon 2030. »
Au niveau mondial, une transition vers les solutions d’éclairage efficace permettrait d’économiser plus de 140 milliards de dollars et de réduire les émissions de CO2 de 580 millions de tonnes par an. L’Agence internationale de l’énergie, quant à elle, recommande un bannissement des lampes inefficientes dès que cela est techniquement possible et économiquement viable, en encourageant l’utilisation de la lumière naturelle et en mettant en place des normes minimales de performance énergétique sur les lampes destinées à l’éclairage, associées à une réglementation. De nombreux pays ont agi et pris des mesures dans ce sens.

Les lampes à basse consommation donnent  un meilleur éclairage et permettent une économie d’énergie électrique.

Les lampes à basse consommation donnent un meilleur éclairage et permettent une économie d’énergie électrique.

Remplacer les lampes
Les pays ayant adopté des mesures en faveur de l’éclairage efficace ont mis en place une politique qui proscrit les lampes à incandescence pour l’éclairage général, car elles sont très énergivores donc inefficaces, en interdisant leur vente, leur importation et leur fabrication lorsqu’ils ont la capacité d’en produire. Ce qui n’est pas le cas à Madagascar. Jusqu’en fin 2016, la Grande île figure parmi les pays qui n’ont pas encore mis en œuvre des normes de performance minimale et des mesures règlementaires pour la promotion des solutions d’éclairage efficace qui permettraient la transition vers l’éclairage efficace.
Proscrire les lampes à incandescence est pourtant une politique facile à communiquer et à comprendre. Elle encourage les acteurs à adopter d’autres alternatives et à en développer de nouvelles. Elle agit comme un signal clair aux fournisseurs, aux importateurs, aux revendeurs et aux usagers finaux, en ce qui concerne les niveaux d’efficacité des lampes et leurs caractéristiques essentielles, qui sont décrites par des normes consensuelles, appuyées par une réglementation.
Dans les pays où ces lampes sont proscrites, des systèmes de surveillance et de contrôle pour garantir la qualité des lampes offertes sur le marché, ont été mis en place. Les contrevenants sont pénalisés afin d’éviter le mécontentement ou le retour à l’usage des lampes à incandescence interdites. Les sanctions qui assurent cette interdiction, peuvent aller jusqu’à la destruction immédiate et le rejet des lampes concernées.

COURBE 1
À Madagascar, chaque ménage achète en moyenne deux à trois lampes par an (trois dans les grandes villes), et l’éclairage représente 10 à 20% de la facture d’électricité à payer. 50% du nombre total de lampes installées par les ménages sont des lampes à incandescence. Or, celles-ci sont très gourmandes en énergie électrique car elles transforment 95% de l’énergie qu’elles consomment en chaleur, et seulement 5% en lumière. Par ailleurs, elles ont une durée de vie faible par rapport aux lampes à basse consommation.
Ainsi, la prédominance de l’utilisation des lampes à incandescence entraîne un gaspillage d’énergie qui grève le budget des ménages d’une part, et contribue aux problèmes d’insuffisance de fourniture d’électricité à Madagascar, d’autre part.
Diminuer cette consommation est une affaire de comportement : éteindre en quittant une pièce, valoriser la lumière du jour, déplacer une lampe de pièce en pièce, dépoussiérer la lampe pour ne pas diminuer sa luminosité,… mais c’est aussi une affaire d’équipement. Il est préférable de remplacer la lampe à incandescence par une lampe à basse consommation ou lampe économique (fluo compacte ou lampe à diodes électroluminescentes). À l’achat, les lampes à basse consommation de bonne qualité coûtent plus chères que celles à incandescence mais consomment moins d’énergie électrique et durent plus longtemps, pour la même quantité de lumière émise (« flux lumineux » exprimé en lumen).

Mesure-Clé

À l’instar de nombreux pays dans le monde qui ont mis en place des mesures favorisant l’éclairage efficace, l’établissement et l’application d’une norme de performance énergétique et de fonctionnalité minimale sur les lampes pour l’éclairage général, ainsi que d’une règlementation interdisant l’importation et la vente des lampes ne respectant pas cette norme (donc incluant les lampes à incandescence), assureront la transition de Madagascar vers l’éclairage efficace.
Il s’agit non seulement de la concrétisation d’une des mesures-clés de la NPE mais cela ouvre également la voie pour l’application de mesures règlementaires d’efficacité énergétique pour d’autres types d’appareils électriques.
Afin de permettre une mise en application effective de la règlementation promouvant l’éclairage efficace, des mesures d’accompagnement doivent être anticipées et menées pendant et après sa mise en place.
Même si le prix des lampes économiques de bonne qualité a connu une baisse notable et que l’utilisation de lampes de bonne qualité constitue un investissement rentable, le principal frein pour les ménages demeure le coût d’acquisition initial des lampes. En effet, les lampes à incandescence ne coûtent que 500 ariary l’unité et les lampes économiques dont la qualité n’est pas certifiée peuvent s’acquérir à partir de 1 500 ariary.

Dans le cadre d’un partenariat entre WWF, Jirama, Fondation Telma et le Ministère en charge  de l'Énergie, de novembre 2013 à décembre 2014, 518 000 LFC de bonne qualité de 760 Lumens  ont été vendues à Antananarivo.

Dans le cadre d’un partenariat entre WWF, Jirama, Fondation Telma et le Ministère en charge
de l’Énergie, de novembre 2013 à décembre 2014, 518 000 LFC de bonne qualité de 760 Lumens
ont été vendues à Antananarivo.

L’utilisation de ces lampes économiques de qualité non certifiée et leur prédominance sur le marché peut entraîner une mauvaise perception des lampes à basse consommation et l’hésitation de certains utilisateurs à franchir le pas. La mise en place de normes et l’interdiction d’importation des lampes économiques non conformes à la norme constituent une étape importante dans l’amélioration de la qualité des lampes qui entrent sur le marché, mais il est également nécessaire de prendre des mesures pour que les interdictions soient effectives et notamment assurer la surveillance du marché.
Par ailleurs, il s’avère nécessaire de mettre en place des mécanismes pour diminuer le prix d’acquisition initial des lampes économiques de bonne qualité. Il faudra également s’assurer que les produits sont disponibles sur le marché. Des mesures doivent donc être prises pour que les vendeurs puissent proposer les lampes de bonne qualité en quantité suffisante et à un prix accessible pour les ménages.
Un des aspects les plus important pour que l’adoption des lampes économiques soit effective est la disposition des utilisateurs à acheter des lampes efficaces et leur capacité à faire les bons choix. Même si les lampes économiques de bonne qualité existent déjà sur le marché, le changement des habitudes des utilisateurs demande des efforts particuliers.
Par ailleurs, il est utile d’anticiper les soucis éventuels des importateurs, des vendeurs et des utilisateurs. Une communication devra être mise en œuvre afin d’informer les acteurs et d’éduquer les utilisateurs sur les solutions d’éclairage efficace de bonne qualité et pour faciliter le changement de comportement.
Les lampes fluo compactes contiennent une petite quantité de mercure. À l’heure actuelle, ces lampes sont soit jetées, soit mélangées avec les ordures ménagères. Aussi, le risque environnemental associé à l’adoption massive de LFC doit être géré. Un système de collecte et de traitement des LFC en fin de vie est nécessaire.

MAG4

Ce qu’il faut savoir

Les lampes à basse consommation relèvent d’une technologie récente qui n’est apparue que 100 ans après l’utilisation des lampes à incandescence. Elles ont été développées spécifiquement pour remplacer les lampes à incandescence.
Le but d’un système d’éclairage efficace est d’offrir un environnement visuel adapté et d’assurer une bonne performance énergétique. Un système d’éclairage est donc caractérisé, entre autres, par son flux lumineux, son efficacité énergétique, sa température de couleur, son rendu des couleurs, sa durée de vie moyenne.
Le choix d’une lampe ne doit plus être basé sur sa puissance exprimée en Watt mais sur son efficacité énergétique en Lumen/Watt, compte tenu de l’évolution de la technologie. Il est important pour l’usager final d’être informé au minimum, sur sa durée de vie (1 000 heures pour la lampe à incandescence), sa température de couleur (2 700°K pour la lampe à incandescence) et son indice de rendu couleur (100 pour la lampe à incandescence et au minimum 80 pour les lampes à basse consommation), pour pouvoir comparer les lampes entre-elles et en fonction de leurs besoins.
Les technologies nouvelles dont les lampes fluo compactes (LFC) et les lampes à diodes électroluminescentes (LED) évoluent rapidement et consomment 4 à 5 fois moins pour le même flux lumineux délivré et dure 10 à 50 fois, par rapport aux lampes à incandescence. Leur prix est cependant plus cher que celui des lampes à incandescence mais continue de baisser, en relation avec les améliorations technologiques. Les LED constituent l’éclairage d’avenir et en fin de vie, les lampes fluo compactes sont à gérer malgré que la quantité de mercure qu’elles contiennent soit infime.

Page réalisée en collaboration avec le GRE.
Contact : leonie.ranarison@giz.de
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Photos : Archives de l’Express de Madagascar – GRE