Fer de lance d’un projet socio-culturel inédit dans la capitale, promouvant l’émergence d’une génération d’artistes talentueux majoritairement jeunes à travers l’urbanisme. Le festival « Varavarana » s’expose via un volet éducatif, fédérant plusieurs acteurs culturels et pédagogiques.

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«La médiation culturelle fonde, dans le passé, le présent et l’avenir, les langages par lesquels les hommes peuvent penser leur vie sociale, imaginer leur devenir, donner à leurs rêves, à leurs désirs et à leurs idées, les formes et les logiques de la création », affirma Bernard Lamizet, professeur et docteur en linguistique française. C’est ainsi qu’en tant que fenêtre ouverte sur l’art dans toute sa splendeur et surtout en tant qu’outil de médiation pour la transformation des territoires en viviers artistiques que le festival « Varavarana » s’est créé, fédérant principalement les jeunes à sa cause.

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Reflet de la diversité des esthétiques et des écritures actuelles des arts dans la capitale, « Varavarana », ou « Fenêtre ouverte », selon ses initiateurs se regroupant au sein du collectif « Alkemya », se veut ainsi être une plateforme de « nouvelles écritures urbaines ». S’y mélangent aussi différentes expressions et esthétiques, à savoir la danse, le théâtre, le cirque, la musique, les performances, la scénographie, les installations, la vidéo, les arts plastiques, ou encore les manipulations d’objets. Autant de langages associés dans une programmation métissée dont des artistes, principalement circassiens de la Grande île mais également de l’étranger, peuvent jouir. En particulier, ceux de la zone océan Indien comptent parmi les plus assidus.

Mélangeant arts vivants, art plastiques, art oratoire, musique, danse et art visuel.  « Varavarana » s'affirme comme  un événement artistique hors  du commun.

Mélangeant arts vivants, art plastiques, art oratoire, musique, danse et art visuel.
« Varavarana » s’affirme commeun événement artistique hors du commun.

Des fabricants de rêves

Le collectif Alkemya est porté par l’association l’Aléa des Possibles et regroupe des acteurs qui s’attellent, actuellement, à la transformation du IIIe arrondissement d’Antananarivo à travers la médiation et la place des arts vivants dans la société. Le tout dans un objectif de développement territorial et culturel à Madagascar. La création du collectif Alkemya, qui s’épanouit plus tard en un laboratoire de recherches, part d’un constat et d’une problématique générale partagée par les organisations solidaires qui s’y regroupent. La démarche est née de la volonté et la nécessité de susciter l’engagement citoyen devant une situation écologique alarmante, concernant, entre autres, le climat ou la biodiversité et l’érosion des repères culturels, ainsi que des solidarités. « Comment entreprendre un changement en profondeur et sur la durée, sur les territoires, aussi démunis ou dévastés qu’ils peuvent sembler   ». C’est à travers cette problématique que « Varavarana » a vu le jour, choisissant l’art urbain et l’art circassien comme principaux outils de partages et d’échanges.

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Médiations et politique des publics

« Varavarana » offre l’occasion de découvrir tout un panel d’outils du laboratoire de recherches en médiation d’Alkemya. Les thèmes d’échanges et de recherches, pour cette édition 2017, sont l’identité de l’enfant et l’accès à un acte de naissance, l’art thérapie avec le parcours
« Mpandalo », l’artiste et son corps, l’art et l’urbanisme, la réappropriation de l’espace public. Mais également le patrimoine, la culture et le tourisme en tant que leviers pour le développement des territoires. De même, la création d’un centre des arts vivants constitue un espace de solidarité culturelle par les arts.
Ateliers, cafés citoyens, projections et rencontres seront également l’occasion d’une participation collective dans la contribution à des propositions et réflexions en vue de la création d’un centre des arts vivants, vecteur de culture, tourisme et solidarité dans la Ville des Mille.

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Andry Patrick Rakotondrazaka
Photos : L’Express de Madagascar