Cela fait un mois déjà qu’il nous a quittés, rejoignant le Panthéon des artistes émérites de la bande dessinée. Richard Rabesandratana laisse en héritage son imaginaire et la particularité de ses traits. 

Dessinateur autodidacte, il a influencé plusieurs dessinateurs de la deuxième génération dans la Grande île. Passionné et dévoué à son art, Richard Rabesandratana a marqué le milieu du neuvième art par sa créativité et l’image contemporaine qu’il a su insuffler à cet art tout au long de sa carrière. Bédéiste, dessinateur talentueux, mais aussi éditeur, il a toujours laissé la part belle aux échanges et aux partages à travers la bande dessinée.

Liza, une bande dessinée mythique produite par l'AMI et Richard Rabesandratana.

Liza, une bande dessinée mythique produite par l’AMI et Richard Rabesandratana.

De nature généreuse, Richard Rabesandratana a contribué à l’émergence de nombreux artistes de la BD. Ces derniers gardent généralement de bons souvenirs de leur rencontre avec lui. Toute une génération de bédéistes qui retiennent surtout de Richard Rabesandratana son statut de pionnier de la bande dessinée, dans les années 70, lorsqu’il lança « Doda ». Un « comic-strip » qui a fait la joie des lecteurs du quotidien Madagascar-Matin, de 1973 à 1981. Ces strips ont été reliés et sont parus en deux volumes, en 1978 et en 1981. Toujours dans Madagascar-Matin, il a ensuite publié « Ibonia sy Baonezy » qui s’intitulera « Zilibe » par la suite. De même, il a créé la revue « Eh ! » avec sa maison d’édition Horaka. Des œuvres et des créations y ont véritablement fait démarrer le fameux âge d’or du neuvième art malgache dans les années 80.

La couverture de l'incontournable Benandro.

La couverture de l’incontournable Benandro.

Un parcours exemplaire

En 1981, Richard Rabesandratana a créé les Éditions Horaka qui seront un tremplin pour la bande dessinée malgache. Pour la revue « Eh ! » il va éditer « Tsimaniva », une BD qui deviendra ensuite une revue à part lorsqu’une partie de ses fondateurs vont la quitter pour créer leur propre maison d’édition. Cependant les éditions Horaka continueront toujours à produire plusieurs titres tels « Tsimaniva », «Rabeza SN », « Tsaina » ou encore « Za ».
En 1983, il lance son titre-phare « Benandro », qui s’affirme au-delà de  plusieurs décennies comme étant une œuvre particulière dans la ludothèque des bédéphiles de la Grande île. S’y mêlent romance et action, inspirant plusieurs générations de lecteurs. « Benandro » sera même rééditée, plus tard, dans la fanzine Faka, dans les années 2000.

Doda, ou les débuts fort prometteurs de bédéiste émérite qu'était Richard Rabesandratana.

Doda, ou les débuts fort prometteurs de bédéiste émérite qu’était Richard Rabesandratana.

En 1984, il fonda l’Association « Artista miray », ou AMI, avec laquelle il créa « Tefy & Tiana », une bande dessinée pédagogique pour le compte de l’Alliance française d’Antananarivo. En 1993, Richard Rabesandratana a produit « Liza », toujours avec l’AMI. Une bande dessinée inédite pour
sensibiliser sur le Sida. En 2004, avec l’association, il a aussi monté un film d’animation, intitulé « Indrai’ pa monja », afin de soutenir la lutte contre le Sida à Madagascar.

Avec des traits et un style propre à lui-même, l’artiste reste reconnaissable parmi tant d'autres.

Avec des traits et un style propre à lui-même, l’artiste reste reconnaissable parmi tant d’autres.

Étant l'une des premières bandes dessinées d'action de la Grande île, Benandro a conquis toute une génération de bédéphiles.

Étant l’une des premières bandes dessinées d’action de la Grande île, Benandro a conquis toute une génération de bédéphiles.

Andry Patrick Rakotondrazaka 
Photos Fournies