Courrier des lecteurs | L'Express de Madagascar – Actualités en direct sur Madagascar
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23.05.2017 | 8:29
De l’indépendance retrouvée aux Républiques instables

Après avoir retrouvé son indépendance en 1960, la Grande Île ne parvient  pas à consolider ses institutions républicaines. En l’espace d’un demi-siècle, Madagascar a connu quatre républiques dont les présidents élus  au suffrage universel ont tous été destitués avant la fin de leur mandat, soit par la rue, soit par un vote de déchéance : Tsiranana en 1972, Ratsiraka en 1991, Zafy en 1996, Ravalomanana en 2009. Quel que soit le type du régime, le pouvoir est confronté à l’exercice d’un équilibre instable permanent. En 1991 et en 2011, les Malgaches ont dit non à un pouvoir présidentiel fort et voté une constitution renforçant le pouvoir des députés. Mais cela s’est traduit en 1996 par l’empêchement définitif du Président Zafy, voté par sa propre majorité composée de ses anciens compagnons de lutte. En 2015, la déchéance du Président HeryRajaonarimampianina a été votée par 121 députés sur 151; mais leur vote n’a pas été reconnu par la HCC, en contrepartie d’un « pacte de responsabilité » jamais mis en œuvre. En deux tentatives de régime semi-parlementaire, l’Assemblée Nationale a déclenché la procédure de déchéance du Président de la République. À travers ses tractations et son pouvoir d’empêcher définitivement  le Président de la République, le régime semi-parlementaire a  transformé l’Assemblée Nationale en un terrain favorable à la corruption. En effet, c’est à partir de 1993 que la dotation des voitures 4×4 est devenue une exigence des députés ; si le Président de la République résiste à leur exigence, il fait l’objet de chantage et risque la déchéance. On peut dire que malgré l’implication directe des hommes, l’instabilité politique chez nous  est avant tout un problème structurel et culturel. D’un côté, la République est construite sur un double fondement, ethnique conformément à une monarchie centralisatrice, et occidental conformément à une administration française fortement centralisée aussi à l’époque. Par ailleurs, le fonctionnement de la vie politique est dépendant d’un parti dominant entouré d’une multitude de partis sans structure, sans couverture territoriale, sans formation des adhérents, sans projet de société. En fait, nous avons un parti du pouvoir qui s’appuie en même temps sur des partis satellites que sur les prérogatives des puissances publiques, sans avoir une opposition démocratique solide. Or, un État républicain doit marcher sur deux pieds, l’un étant celui du pouvoir, l’autre celui de l’opposition. D’un autre côté, de forts soupçons de détour­nement des voix font que le verdict des urnes est toujours perçu comme le résultat de fraudes. Depuis les premières années de l’indépendance, la République est dirigée par des Présidents issus des élections falsifiées ou contestées, à l’exception du Pr Zafy en 1993. Le transfert de l’organisation électorale du Ministère de l’Intérieur à la CENI n’a pas jusqu’à présent donné des résultats convaincants. Aujourd’hui, la Conférence épiscopale des Évêques catholiques et la société civile tirent la sonnette d’alarme. Le FFKM et plusieurs leaders politiques appellent à la refondation de la République pour guérir ce mal profond d’instabilité du pouvoir. Leur appel est repris dans la loi sur la réconciliation communautaire. Il n’y a pas de miracle. Tout dépend de notre volonté de mettre fin à cette situation qui nous bloque d’avancer. Il nous faut libérer la parole de tous les Malgaches jusqu’à la base (any ifotony), et organiser des structures de dialogue pour que chacun puisse s’exprimer sur les problèmes de la société et sur son avenir. Cette refondation devrait aboutir à améliorer la constitution que nous devons absolument appliquer avec rigueur et honnêteté, garantir le bon fonctionnement de l’État de droit, restructurer l’organisation de la vie politique et surtout éduquer les Malgaches à devenir des citoyens de la République. Par André Rasolo

19.05.2017 | 8:29
L’affaire Claudine

L’affaire Claudine a réveillé, tout d’un coup, la lutte contre la corruption. Même dans la justice, classée par les observateurs comme le secteur le plus corrompu de l’administration, des magistrats saisissent l’occasion pour se refaire une virginité. Pour la première fois depuis sa création, le Bianco a reçu des soutiens de la part du public. […]

03.05.2017 | 8:29
Éclaircissement de la police

En réponse et à titre d’éclaircissement de votre article intitulé « une marchandisation de vie humaine », au sein de votre journal quotidien N° 6727 du 29 Avril 2017 page 10, La Police Nationale de Port-Bérgé relate que l’accident mortel survenu sur la RN6 reliant Port-Bérgé-Mampikony à la hauteur d’Ankarabato, jeudi dernier aux alentours de […]

02.05.2017 | 8:29
« Les îles dites Éparses » de l’océan Indien

Le dénouement de la campagne électorale 2017 approche ; les deux candidats prétendants à la présidence de 2018 semblent avoir démontré et étalé  le contenu  de leurs programmes ; aussi est-il  souhaitable  de leur soumettre un questionnement  révélant  une mésentente géopolitique entre la France et Madagasikara (Madagascar). Ce problème, car il s’agit bien d’un problème quoi […]

31.03.2017 | 8:29
Questions sur la réconciliation

Dès son adoption par l’Assemblée natio­nale, il est vrai, la loi sur la réconciliation n’a pu faire l’unanimité. En fait, personne ne s’oppose au processus, mais c’est la manière dont elle sera dirigée qui pose problème. Pour les députés de l’opposition, l’application de cette loi éliminera la candidature à l’élection présidentielle de Marc Ravalo­manana et […]

30.03.2017 | 8:29
« De la notion du Peuple malgache à l’idée du Peuple de Madagascar »

J’ai lu avec attention l’opinion de Toavina Ralambomahay en date du 28 Mars dernier. Et je pense que je ne suis pas le seul car nous sommes beaucoup à respecter son implication constante dans les débats publics. Pour un pays comme Madagascar, les hommes ou les femmes qui portent leurs regards au-delà de leur propre […]

08.03.2017 | 8:28
Question sur le régime semi parlementaire

Après trente ans de régime présidentiel fort, Madagascar a basculé vers un régime semi-parlementaire. Il faut noter que 1993 ont été une année de rupture. Pour la première fois, le Président de la République n’était pas connu dès le premier tour, selon les résultats de l’élection présidentielle du 25 novembre 1992, ci-dessous Candidats    Pourcentage Albert […]

22.02.2017 | 5:29
Quand la Présidence verse dans l’action gouvernementale

A la lecture des dernières nou­velles (projets présidentiels portés sur le numérique), l’explosion du nombre et de l’envergure des « projets présidentiels » porte à com­mentaire. Il est difficile maintenant de distinguer « projet présidentiel » de « projet PPP » de « projet gouvernemen­tal » de « projet électoral ». Pourtant, la Constitution est claire : […]

13.02.2017 | 8:27
Quel dernier rempart pour Madagascar ?

Nous voyons, depuis un moment déjà, une population en mal de vivre un peu partout à Madagascar et qui donne des signes avant coureur de n’avoir rien à perdre. Nous sommes également les témoins, impuissants pour beaucoup d’entre nous, d’un pouvoir politique aux abois et qui arrive difficilement à cacher aussi son impuis­sance face à […]

09.02.2017 | 8:28
Haro sur le sens contemporain de l’État à Madagascar !

Tout au long de sa trajectoire monarchique, coloniale et républicaine, la Nation malgache a bien connu d’illustres personnalités pourvues d’un sens aigu de l’État que le peuple reconnaissant n’a toutefois auréolé que postérieure­ment. Ce fut notamment le cas de Rainilaiarivony, Ralaimongo, Tsiranana. Mais depuis plus d’un quart de siècle, le peuple de cette même Nation […]