Des étudiants de l’université d’Antananarivo ont semé la pagaille à Ankatso. Ils réclament une hausse de 100 % de leur équipement.

Jets de pierres à volonté. L’université d’Antananarivo et le terminus de la ligne 119 à Ankatso ont été de nouveau le théâtre d’une scène d’affrontement musclé entre des étudiants de l’université d’Antananarivo et les éléments des forces de l’ordre, hier. Les premiers ont lancé des pierres à l’encontre de tout ce qui coïncidait avec leur tir, les seconds ont jeté une vingtaine de fois, des bombes lacrymogènes assourdissantes, pour disperser les manifestants.
C’était pour ces étudiants, une façon d’alerter les autorités compétentes sur la nécessité de la révision de leur équipement qu’ils touchent annuellement. « Nous devons nous acquitter de
75 000 ariary par an, pour les droits de connexion, de soins médicaux, d’activités sportives, et pour la fréquentation de la bibliothèque, entre autres. Mais ni transparence dans
l’utilisation de ce fonds. Il n’y ni a même pas de connexion, ni réforme de la bibliothèque. Nous revendiquons ainsi une hausse de 100 % de l’équipement, soit 132 000 ariary au lieu de  66 000 ariary», dénonce Picardino Vaonalamihanta, conseiller spécial du président de l’association des étudiants de la faculté des Sciences.
Les commerçants, les transporteurs et les piétons à Ankatso en ont fait les frais. On était asphyxié par le gaz lacrymogène. Les commerçants ont dû fermer leurs portes, pendant deux heures au moins. Quelques-unes de leurs fenêtres vitrées ont été cassées. Les transporteurs, quant à eux, ont déplacé leur terminus. Les piétons, eux, ont été contraints de changer de direction pour éviter les jets de pierres. Ces étudiants ont aussi démoli un kiosque, près du portail de l’université.

Menacé
Par ailleurs, ils ont menacé un journaliste-photographe d’une boîte de presse, en plein travail. « Étant dans l’enceinte de l’université, ils ont couru après moi, car ils m’ont vu les prendre en photo. Ils ont crié Repas ! Repas! , sûrement, en vue de me tabasser. J’ai couru pour leur échapper. Heureusement que quelqu’un a ouvert rapidement le portail de l’université, autrement, ça aurait pu mal tourner pour moi », relate-t-il. Les meneurs de grève ont également perturbé des cours pour obliger leurs camarades à venir grossir leurs rangs. Ils ont lancé des pierres sur le toit des salles où des étudiants ne voulaient pas les suivre.
Manifestants et éléments des forces de l’ordre étaient tenaces.

Miangaly Ralitera