La présidence de l’Université d’Antananarivo va pénaliser les  fauteurs de troubles. Des étudiants ripostent contre cette décision.

De l’huile sur le feu. Des étudiants locataires des cités universitaires à Ankatso se sont manifestés à deux reprises dans l’enceinte de l’Université d’Antananarivo, hier. Ils contestent la convocation d’une vingtaine d’étudiants au Conseil de discipline (Codis). «On ne nous a même pas informés des causes de notre convocation. Et le plus étonnant, cela fait deux mois qu’aucune manifestation estudiantine n’a eu lieu dans l’enceinte de l’Université. Malgré cela, on veut nous pénaliser», lancent-ils.
La présidence de l’Université est ferme. « C’est tout simplement une application de l’arrêté ministériel du 11 septembre 2015, portant sur le régime disciplinaire des universités. Ce texte stipule que les fauteurs de troubles dans les environs de la cité et le campus universitaires doivent être convoqués au Codis», précise le professeur Panja Ramanoelina, Président de l’Université d’Antananarivo.

Suspendus
Parmi les vingt étudiants, dix-sept seraient des meneurs de manifestations à Ankatso. « Ils sont toujours présents à chaque manifestation estudiantine», affirme le directeur du Croua, Samson Willy Andriamihajaniaina. Les trois autres, des polytechniciens à Vontovorona, auraient tabassé un étudiant de la première année, le 7 juin, pour avoir refusé de leur ouvrir la porte et leur acheter des cigarettes.
Demain, ces étudiants se défendront devant des représentants de la présidence, de la direction du Croua et des départements. Les sanctions dépendront de la gravité de leur acte. «Ils peuvent être relaxés. Ils peuvent également être exclus de l’Université pour un certain temps », renchérit le professeur Panja Ramanoelina.
Dans la matinée, des dizaines d’étudiants ont manifesté, depuis la cité universitaire à Ankatso jusqu’à l’esplanade de l’université, avec des coups de sifflets, des banderoles. En début de soirée, ils ont bloqué la circulation à Ankatso II. Ils envisagent de poursuivre cette manifestation ce jour. « Nous ne nous arrêterons pas, tant que les raisons de notre convocation ne sont pas claires », avancent-ils. Ils ne font que compliquer leur situation, selon le professeur Panja Ramanoelina.

Miangaly Ralitera