Le système « advance cargo declaration » sera au centre des discussions entre le gouvernement et les membres du secteur privé. Cette réunion risque d’être houleuse.

Le secteur privé remet sur la table de discussion l’application de l’advance cargo declaration (ACD). Ainsi, une réunion des groupements patronaux d’entreprises avec l’État se tiendra au début de la semaine prochaine, soit le 20 ou 21 février, d’après notre source auprès du secteur privé.  Jusqu’ici, les réactions se font attendre au niveau du secteur privé concernant l’application de cette nouvelle redevance exigée aux opérateurs d’import/export. « Nous devrons attendre l’issue de cette réunion pour donner nos réactions », a indiqué notre source.
Après avoir annoncé la suspension de l’ACD, en février 2016, le gouvernement revient sur sa décision. Il a l’intention de relancer ce système au niveau des ports internationaux. Dans une note explicative, l’Agence portuaire maritime et fluviale (APMF) rappelle la nécessité de faire payer des redevances sur toutes les marchandises passant au port.
La discussion entre les deux parties risque d’être houleuse. L’application d’une telle redevance avait irrité les membres du secteur privé. Ils ont fait bloc devant la décision du gouvernement d’appliquer ce système.

Suspension
En juillet 2015, 21 groupements professionnels ont demandé au régime Rajao­narimam­pianina d’annuler la mise en place de ce système ACD à Mada­gascar.
Les membres du secteur privé avaient même claqué la porte de discussion dans le cadre du dialogue politique privé face à l’intransigeance des autorités. Mais, le gouvernement a fini par céder face aux pressions du secteur privé. Il avait annoncé la suspension de l’application de cette redevance portuaire.
Un an plus tard, le gouvernement, à travers l’APMF, revient sur cette décision et décide de remettre sur le pied le système ACD. Pour justifier cette décision, l’APMF avance la recommandation des gardes côtes américaines quant à la mise en œuvre du code international sur la sûreté des navires et des installations portuaires, communément appelé Code ISPS au niveau des ports internationaux de la Grande île, pour des raisons de sûreté et de sécurité maritime.
« Des recommandations ont été déjà émises à l’issue des visites et de l’évaluation formelle de l’US coast guard des Etats-Unis d’Amérique à l’endroit de l’autorité maritime de Madagascar durant ces deux dernières années », peut-on lire dans la note explicative. Pour faire avaler la pilule, l’APMF avance même les menaces qui planent pour nos ports internationaux. « Le retard excessif, voire l’abstention à l’application au sens strict de ce code ISPS va nous entraîner certainement vers la complication de la desserte de nos ports à trafics internationaux qui seront qualifiés de ports non sûrs ou “unsafe ports”», indique la missive.
Pris au dépourvu par cette intention de l’administration, certains opérateurs affichent déjà leur déception de cette décision gouvernementale et la manière d’appliquer le dialogue public-privé. Les deux parties ont décidé que toutes les décisions économiques doivent faire l’objet de concertation.

Lova Rafidiarisoa