Un bateau qui s’attarde un peu trop au large de Vohémar est suivi à la trace. Le navire est suspecté de tentative d’exportation de bois de rose.

Navire d’intérêt. Tel serait la classification d’un navire dénommé « Green », par les entités de surveillance des côtes, depuis une dizaine de jours. Un qualificatif qui se serait mué en « navire suspect », durant le week-end.
« Nous sommes actuellement, en train de prendre les mesures nécessaires pour intercepter le navire. Nous suspectons qu’il puisse s’agir d’une tentative d’embarquement illicite de bois de rose », a soutenu une source avisée. Certaines indiscrétions ajoutent que le gouvernement serait en pleine préparation d’une opération dans ce sens. « Une visite du navire pour connaître sa cargaison, son carnet de route, ses intentions et sa destination », devrait se faire promptement, indiquent-elles.
C’était déjà le branle-bas de combat, au niveau des entités gouvernementales concernées, hier. Un haut responsable explique que le bateau « est suivi à la trace, depuis une dizaine de jours et est entré dans les mers territoriales malgaches, depuis trois jours ». Une autre source indique, toutefois, que « ce bateau a été classé navire d’intérêt, depuis plusieurs jours. Il est présent dans nos mers territoriales depuis à peu près dix jours et suit une trajectoire parallèle à la côte Nord-Est, à une vitesse singulièrement lente ».
Outre le fait qu’il s’est attardé aux larges du littoral Nord-Est de Madagascar, et qu’il n’ait pas suivi l’itinéraire normal pour sa destination, « a intrigué et amené à le classer navire d’intérêt », explique-t-on. Les informations sont confuses sur le point de départ du bateau. Si certains parlent de Bangkok, capitale de la Thaïlande, d’autres disent qu’il vient d’Indonésie. En tout, sa destination annoncée serait Durban, en Afrique du Sud.

Réveil
« Si ce navire doit réellement rejoindre Durban, il aurait dû mettre le cap plein Sud et non pas remonter vers le Nord-Est, de Madagascar », a ajouté une des sources contactées. L’interception de « Green », devrait confirmer ou infirmer la suspicion causée par son itinéraire et son comportement. En quelques jours, cependant, c’est la deuxième fois que le sujet « tentative d’exportation illicite de bois de rose », refait surface.
Après la tonitruante affaire du navire Lumina, arraisonné aux larges du cap Masoala, avec trois-cent quarante rondins de bois de rose, à son bord, en février, l’affaire a connu une accalmie de quelques mois. Une information transmise par la gendarmerie nationale, le 1er juillet, fait état de l’interception d’un boutre, avec à son bord vingt-deux rondins de bois de rose, sur le littoral de Mananara-Nord. Il s’agit de bois précieux « marqués », qui auraient permis l’identification du propriétaire.
Suite à cette saisie, la gendarmerie nationale a privilégié la thèse selon laquelle, ces bois étaient destinés à être embarqués sur un navire, au large. Cette saisie du début, tout comme celle, à bord de Lumina, concernent des bois déjà en stock. L’état de ces cargaisons laisse même penser qu’il s’agit de bois de rose gardés au frais par ses propriétaires, depuis plusieurs mois.
Les marquages inscrits sur ceux pris dans les filets des bérets noirs, pourraient, de surcroit, amener à dire qu’il est fort probable qu’il puisse s’agir de bois de rose ayant déjà été saisis antérieurement, sur lesquels les trafiquants ont remis la main. Une des sources contactées avance un risque de réveil et de multiplication des tentatives d’exportation illicite de ces bois précieux. « Un nouveau comptage des stocks de bois rose devrait se faire incessamment. Ce qui pourrait expliquer que les trafiquants tentent d’expédier le plus de cargaison possible avant cette échéance », soutient-elle.

Garry Fabrice Ranaivoson